Date :
17 décembre 1999
Ville :
Clermont-Ferrand (63)
Salle :
Le Sémaphore / Cébazat
Les avis sur ce concert
Voici donc le compte-rendu, aussi complet que possible, du dernier concert de la première partie de la tournée. Le concert avait lieu au Sémaphore, une salle très moderne située à Cébazat, banlieue pavillonnaire du nord de Clermont-Ferrand, en terre auvergnate et donc Muratienne. (…)
Salle très moderne donc, avec une particularité : la scène est au niveau du public et il n'y a donc aucune barrière entre le groupe et les spectateurs. Le premier rang est dans ce cas idéal pour suivre le concert. Nous y étions.
Donc, un des intérêts de ce concert était la présence de Rogojine en première partie. Je vous en ai déjà parlé : leur album est splendide et j'attendais avec impatience de les voir sur scène. En plus, Jérôme, le chanteur est vraiment très sympa. J'espère qu'ils iront loin.
En tout cas, ils ont débarqué sur scène "Nous sommes Rogojine, on va vous emprunter un peu de votre temps". Ils ont joué une petite dizaine de morceaux, vraiment bien. Certains ont trouvé que la voix était trop en arrière et qu'on ne comprenait rien : c'est normal, c'est un groupe rock, c'est pas Julien Clerc ! Je vous recommande donc une nouvelle fois de vous procurer cet album.
Quelques minutes après que Rogojine a quitté la scène, Murat et sa bande sont apparus.
Intro de Jim. Murat scrute le public, essayant j'imagine de repérer les têtes connues, sa maman notamment. A Angers, Murat m'avait dit : "Clermont c'est l'horreur, quand je regarde le premier rang, je vois ma mère...". Manque de pot, on a squatté le premier rang et maman-mumu est reléguée en milieu de salle. Nous l'avons sauvé :-)
Il s'installe sur sa chaise. Il est vêtu de sa tenue classique : le pantalon large noir satiné avec coutures apparentes, le pull rouge velours col entièrement ouvert, chaussures de brousse.
C'est parti pour Jim : version très classique. Pas grand chose à en dire. Fin du morceau : applaudissements polis, l'Auvergnat n'est pas très enthousiaste de nature...
Comme toujours, le deuxième morceau c'est Washington. Avant le concert, j'avais dit à Dominique (l'ingénieur du son) : "Washington, il faut que ça pète ce soir !". Réponse : il n'y en a qu'un qui peut décider si ça doit péter ou pas !
Donc l'intro de Washington commence et... Murat quitte la scène. Il revient au bout de quelque secondes et c'est parti. Et évidemment, ça ne pète pas du tout ! Washington est jouée sans aucune rythmique, très zen. Ca n'empêche pas la chanson d'être superbe. Fin du morceau, applaudissements et Murat relance... Washington avec rythmique ! Le fait que la scène soit à notre niveau nous permet de bien voir les bidouillages de Murat avec sa table de mixage.
Finalement, il ne joue qu'une minute avec rythmique avant de passer à PJ, version sans rien de particulier à noter. D'ailleurs, c'est une des chansons qui a le moins bougé au cours de la tournée parmi les versions électroniques de Mustango.
A la fin de PJ, on a droit aux premiers mots de Murat. C'est très court, du genre "Alain, c'est loin Gerzat ? et Cournon, Denis ?". Puis il attaque Calexico. Ce soir, on est en Auvergne et Murat a décidé d'embêter Denis. Le rythme de l'interprétation varie sans arrêt, Murat s'arrête puis accélère d'un seul coup (imaginez Calexico chantée au rythme de "Les gonzesses et les pédés", version album) : et Denis suit sans problème à la basse, imperturbable. Un vrai pro !
Ensuite, Murat s'installe au piano et nous gratifie d'un Mustang magnifique. Au début de la tournée, cette chanson était vraiment bâclée mais maintenant, c'est au point et ça fait plaisir.
Puis il se lève, prend son micro et s'avance sur le devant de la scène. "Alain, avoir sa mère dans la salle, ça aide pas à être extraverti, hein ? T'inquiète pas, j'ai le même problème... Maman, rassure-toi, mon pantalon, je l'ai acheté en solde, il ne m'a pas coûté cher... ". Les Hérons, magnifique, avec Murat deux mètres devant nous. Beau moment.
Puis vient New-Yorker. Denis s'installe au piano et nous fait oublier l'absence de la guitare d'Oren.
Le fier amant de la terre est joué de façon assez classique avec une fin assez bruyante, Murat s'énerve sur sa guitare.
Intro de Bang-Bang et comme depuis quelques concerts, Murat attaque Terre de France :"Ciel, ciel il fait un temps de chien, neige et pluie depuis ce matin..." Tiens aujourd'hui, ça colle pile-poil... Donc une petite minute de Terre de France et Murat commence Bang-Bang pour de bon. Ce soir nous aurons droit à Mumu miauleur, avec grand succès. Miiiiiiiaaaaaaaaaaouuuu ! Et une minute de Terre de France pour finir.
Nouvelle installation au piano, pour Rivière cette fois. Il y a des dolos-liégeois dans la salle et Murat s'en souvient. De Bastogne à Liège... n'est-ce pas Christine ? Suit le petit discours sur le cyclisme. "Ici Radio-France Puy de Dôme sur la route de Liège-Bastogne-Liège..." Ce soir, c'est à Geminiani qu'il aurait aimé mettre un quart d'heure...
Tout le monde se remet en place : "Et si on faisait une chanson sur Giscard ?" C'est au moment de Giscard que Murat parle le plus depuis le début de la tournée mais ce soir, l'endroit est adapté... "C'est une ville giscardienne, Cébazat ?". Le maire de La Bourboule en prend pour son grade. Apparemment, il rêvait de devenir président aussi. Et Murat a clairement une dent (de la rancune ?) contre lui : "A chaque fois que j'ai eu des problèmes dans la vie, j'ai eu son avocat contre moi."
Puis :"Pour Christine, une amie belge ou Barbara, une amie suisse, il y a des choses qui peuvent paraître obscures dans cette chanson, mais pour vous, ça ne devrait pas poser trop de problèmes. Vous connaissez Bromont-Lamothe ? Est-ce qu'il y a quelqu'un ici qui s'est déjà fait soigner pas la Maria ? Les salers, vous connaissez..." Suit le discours sur Vulcania. Ce soir, le coût est de 998 millions et "c'est vous qui payez". Finalement, il attaque la chanson et pour la première fois depuis le début de la tournée, le public applaudit spontanément lorsque Murat chante "Je te jure quel tocard". Beau succès (prévisible) donc pour Giscard à Clermont...
Vient ensuite Belgrade dans une version très proche de celle de la session sauf que Denis n'est pas passé au piano.
Et arrive enfin le moment que vous attendez tous, la chanson qui fait frissonner le monde entier : Ami Amour Amant. Murat s'avance, s'approche du premier rang, le passe en revue "Bonsoir... bonsoir...bonsoir..." Même pas de suspens, Annie vous a déjà tout raconté... Donc Mumu se penche vers moi, s'appuie sur mon genou (le gauche je crois) et me dit "moyennement en forme ce soir". Je lui réponds "non, non, ça va...". Je ne sais pas si ça le rassure... en tout cas, il attaque Ami Amour Amant, qui fait toujours autant d'effet. La chanson terminée, il quitte la scène.
Retour pour Au mont Sans-Souci. Là , il faut que j'arrête le compte-rendu, le temps de vous raconter un ou deux trucs. Vous vous souvenez du débat qui a eu lieu il y a quelque temps : qui sont les enfants qui chantent sur "Tant va ma vie", "Le vent mauvais" et "Au mont sans-souci". Je connais enfin la réponse. Il s'agit tout simplement de Yann et Sophie, les enfants de Denis Clavaizolle. Yann chante sur le Vent Mauvais (c'est aussi lui qui pleure sur "déjà deux siècles" sur Cheyenne autumn, il avait 2 ou 3 mois à l'époque). Et sur "Tant va ma vie" et "Au mont sans-souci", c'est Sophie, 6 ans qui chante. Nous avons donc enfin une réponse à ces questions existentielles. Ca va déjà mieux, non ?
Donc, Sophie a demandé pendant la balance si elle pourrait venir chanter sur scène. Avant d'attaquer la chanson, Murat règle donc le micro à la bonne hauteur puis s'installe au piano et dit "Sophie, je t'ai préparé le micro, tu peux venir quand tu veux". Pas de Sophie. Il commence donc à chanter et refait une tentative avant la fin du morceau "Sophie ? Sophie". Pas de Sophie malgré l'aide du public et Murat doit se résoudre à l'imiter...
La fin du concert approche, c'est l'heure de Nu dans la Crevasse, version également très classique. Puis vient un moment moins classique... Murat attaque une chanson que je ne connais pas. Le texte est peu audible (Annie, CriCri, Barbara, vous avez compris ?), Murat répète les mêmes phrases. Ce qui est génial, c'est les tronches de Denis, Alain et Régis qui visiblement ne connaissent pas non plus... Denis essaye bien de bidouiller un peu, mais ça ne donne pas grand chose. Murat continue quelques instants puis s'arrête. "Bonsoir, merci..." Ils quittent la scène. Rappel. Murat revient accompagné de Denis qui s'installe au piano : "Vas-y Denis, lance ce que tu veux". Et ce que Denis veut, c'est la chanson de Dolorès, et il n'y a pas que Denis qui le voulait, n'est-ce pas CriCri ? C'est vrai qu'on ne s'en lasse pas.
Et comme d'habitude lorsqu'on a droit à 2 ou 3 vieilleries, c'est Le baiser qui succède à la Chanson de Dolorès et qui clôt le concert. Murat joue encore avec les nerfs de Denis qui komdab' s'en tire à merveille. Murat est revenu sur scène avec une serviette qu'il enroule autour de ces poignets pour simuler des menottes "pose tes menottes à mes poignets". Il termine par deux trois baisers bruyants puis quitte la scène définitivement.
On n'a donc eu droit ni à Les gonzesses et les pédés, ni à Julio ce soir. Mais le concert était vraiment bien avec un public auvergnat pas très expansif mais sympathique tout de même.
(…)
Pour conclure : excellent concert, garçons toujours aussi sympas, dolos itou. Vivement la suite !
Laurent
Mustango Tour