Date :
6 mars 2000
Ville :
Paris (75)
Salle :
Olympia
Les avis sur ce concert
Hier soir, lorsque les lumières se sont rallumées, quelques instants à peine après que Murat ait conclu son premier Olympia par un "Nu dans la crevasse" hallucinant, "radical" a été le premier mot à me venir à l'esprit pour résumer ce concert impressionnant qui n'a pas dû faire l'unanimité chez les spectateurs (à l'évidence, ce n'était pas le but..).
C'est précisément parce qu'il était à Paris, dans la salle la plus mythique de la capitale, que Murat a décidé hier soir de montrer que son audace ne se résumait pas à des apparitions télévisées remarquées ni à quelques interviews fracassantes.
Cette fois, c'est musicalement que Murat affirme haut et fort sa différence, au risque de dérouter.
Rappelez-vous il y a quelques mois : l'accueil critique de Mustango, les classements aux sommets des palmarès de l'année, un vrai consensus Muratphile ! C'est précisément lors des semaines qui ont préparé la tournée Mustango que Murat a choisi la radicalité, quelles qu'en soient les conséquences. Plutôt que d'aller vers un succès prévisible mais tellement exempt de risques, Murat a choisi de re-créer Mustango sur scène.
Loin de toute récupération opportuniste, le recours à l'électronique serait l'instrument d'une mise en danger froidement préméditée.
Cheyenne, Vénus et Dolorès devraient se résoudre à rester à l'écart : pas de nostalgie salvatrice propre à ramener les spectateurs déroutés en terrain balisé. Que les tièdes s'égarent ou même s'enfuient. C'est peu dire que les titres de Mustango ont été littéralement re-visités par JLM, Denis, Alain et Régis en quelques semaines. Dès les premiers concerts de la tournée, on assista à des conversions foudroyantes qui amenèrent nombre d'entre nous à reconsidérer leur jugement initial à propos de tel ou tel titre de l'album. Le chemin fut souvent difficile (l'oreille ne se déshabitue pas aisément), mais parfois d'une lumineuse évidence (pour moi : Belgrade, PJ et Nu).
La black session a permis de détailler l'alchimie des nouvelles versions et de savourer intimement des inédits qui nous sont depuis devenus indispensables. Mais les concerts qui suivirent ont montré que rien n'était figé, acquis. Murat continue de chercher, sa re-création n'est pas achevée mais au contraire en perpétuelle évolution.
Hier soir encore, nous avons entendu des sons littéralement inouïs, des boucles de cornemuse électronique, des samples diffusés à l'envers, l'harmonica fut pour cette fois rangé aux oubliettes et une fois encore, il fallut réviser son jugement, reconsidérer des morceaux que l'on pensait aboutis (très beau Jim, Les hérons magnifiés, le parfait Ami amour amant, la pulsation de Washington, le piano de New Yorker).
Il y eut bien sûr aussi les inévitables imperfections auxquelles le choix de la recherche permanente condamne tout concert de Murat (le Mont sans souçi ; Mustang, morceau "maudit" dont l'intro ne cesse de poser des problèmes à JL ; Bang, bang, sacrifié hier soir).
Et au centre du champ d'expérimentation, un Murat dont on ne savait trop si pour lui ce concert était le parcours de la peine ou bien au contraire l'affirmation préméditée d'une intégrité musicale jamais prise en défaut. Il y eut aussi ce passage très ironiquement Muratien où JL décida de s'adresser au public tout en prenant soin d'expliquer qu'on lui avait recommandé de le faire et de conclure par un "bon, je vous ai parlé maintenant, on est amis alors ?", le numéro de charme aux tulipes, les miaulements hallucinés-hallucinants de Bang bang, les plaisanteries sur Denis, "le gros derrière moi qui voulait se faire l'Olympia parce qu'il croyait que c'était celle de Manet" et plein d'autres choses.
Mais le plus incroyable fut la violence avec laquelle Murat décida de conclure son Olympia. Pour ceux qui ont vu JLM en concert sur cette tournée, "Nu dans la crevasse" est un moment impressionnant, un véritable mur du son que finit par transpercer un Murat totalement habité. La version d'hier fut dense, intense et brutale. L'immersion fut totale, pas d'échappatoire pendant près d'un quart d'heure (mais que pouvaient bien en penser ceux qui la découvraient hier soir
avec cette puissance ?). Et le coup d'éclat de Murat fut d'emmener très haut les spectateurs de l'Olympia et, pour cette occasion unique et tant attendue, de retirer tout parachute : aucun espoir de rappel, les lumières de la salle s'allumèrent dès la fin du morceau de bravoure. La redescente fut violente et le choc du retour ne ménagea personne. Peut être certains ne l'ont-il pas supporté ?
Les dolos se sont retrouvés un peu groggys devant l'Olympia, le temps de revenir progressivement des territoires où Murat les avait emportés.
Radical ? 24 heures plus tard, je persiste et signe.
Marc
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Difficile de faire un compte-rendu de l’Olympia !!!!
L’ordre chronologique c’est peut être la solution
- 19 h devant l’olympia , les dolos sont arrivés les uns après les autres, j’ai eu la chance et le plaisir de tous les voir , normal la distribution des places passait par moi ;-))) !!! je vous recommande la technique pour rencontrer un maximum de dolos !!!!!
- 19h30 nous nous sommes installés à nos places , bonne ambiance , des échanges sympas , l’effervescence d’avant concert
- 20 h Perry Blake , il faisait chétif sur la chaise de Jean Louis, il a joué 4 titres, trop peu à mon goût et une seule reprise du premier album "Anouchka" (très belle version) , j’ai adoré le premier album , le second un peu moins !!! sur scène c’est un peu court pour juger , je ne pense pas qu’il se soit " bien vendu" ....(je sais c’est une horreur de dire cela !!! mais c’est aussi le but d’une première partie !!! ). Sa voix est somptueuse, à suivre ......
- JLM et les garçons sont arrivés vers 20h45 je pense !!!
Jim - parfait
Washington - parfait
PJ - grandiose - à la fin JL s’est un peu énervé me semble t-il !!! du coup l’ambiance de la salle qui etait plutôt favorable à ce magnifique prologue est un peu retombée !!!
J’ai peur de me tromper dans l’ordre des titres (je n’ai aucune note- merci de rectifier si c’est le cas )
Mustang - Jean Louis semblait avoir beaucoup de difficultés à se détendre et à enchaîner Mustang
Mont sans souci - c’est la version la plus lente que je connaisse des différents concerts, à la fin la traditionnelle imitation de Sophie ;-))
Les Herons - dans sa nouvelle version par rapport à la première partie de la tournée
Fier Amant de la Terre - une pure merveille –
Ami Amour Amant - il ne l’a pas terminé et a enchaîné sur New Yorker !!! très beau
Belgrade - grandiose comme tjrs
Rivière - seul au piano pour être impressionnant , impressionnant , impressionnant ...... au revoir !!!!
rappel
Nu dans la Crevasse : à ce niveau de qualité, il n’existe plus de mot !!!! littéralement emportée par le son et l’interprétation !!! le chef d’oeuvre de la soirée !!!!!!!
Nous avons eu quelques mots , "salut les dolos , ça va ???" "salut les pas dolos, ça va ???" quelques phrases sur les Filles "ça sent bon les filles" sur "Bastogne Liège".
A un moment des bruits de portes au fond de la salle "c’est le fantôme d’Edith Piaf ??? au prix que ça a dû coûter ils auraient pu insonoriser !!!"
Et puis avant Nu dans la crevasse un petit discours "forcé" , son équipe au sens large lui reprochait de ne pas parler alors voilà il est venu nous parler !!! "je suis né en janvier , verseau ascendant verseau , c’est la première fois que je fais l’olympia, ....etc"
son état d’esprit tel que je le vois ( très très subjectif :-)) ) , Jean Louis était stressé , normal il avait une certaine pression !! Le public parisien est assez difficile , en plus Labels avait invité des "personnalités" et il n’aime pas , déjà au Trianon il avait fait cette remarque !!! Jeudi à Marseille j’ai eu l’occasion de discuter avec lui , il faut savoir qu’il est épuisé par cette tournée, que la promo est bien trop lourde qu’il commence vraiment à se lasser des obligations de la profession !!! Voilà qui explique pour une bonne part son stress durant ce concert et aussi peut être une envie de faire le "rebelle" avec un Jim , Washington parfaits quelques "coquilles" sur le reste pour terminer magistralement avec Nu dans la crevasse !!!!
c’est tout le génie de Notre Jean Louis un grand concert pour son public, mais un concert "irrécupérable" par la maison de disques le Live ne sera pas l’Olympia !!! Non mais qui est le maître à bord ???? ;-)))
La Dolo rencontre, merci à tous les présents , elle était fun et tendre comme tjrs !!!
Virginie
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Introduction :
Définition de polémique : débat plus ou moins violent, le plus souvent par écrit, controverse; (Larousse)
Il fait beau sur la Capitale, le boulevard des Capucines éclairé par les néons rouges de l’Olympia, en grosses lettres JEAN LOUIS MURAT et en petites Perry Blake (de toutes façons, vue sa prestation, il ne méritait même pas l’affiche, dehors ceux qui s’emmerdent sur scène et dommage, si dans le public certains étaient venus spécialement pour le voir, son set aura été irrespectueux pour celui qui l’avait invité).
bref, un immense plaisir de retrouver tous les dolos connus (pas de noms, certains
étaient là incognito, et de faire la connaissance d’autres amis, dont je connaissais les pseudos, et puis certains que j’ai mariés par erreur).
L’Olympia même refait reste pour certains un lieu magique et représente dans une carrière un certain prestige, je comprends bien ce choix, même si la tournée
Mustango a habitué à des salles de moyenne capacité (ce n’est pas Bercy tout
de mĂŞme).
La salle est pleine, eh oui JLM peut donc remplir l'Olympia ! Les lumières s’éteignent, quelques applaudissements, quelques réglages d’amateurs, et les premières mesures de JIM, dans une superbe version très différente de ce que j’ai entendu jusqu’à présent, ça commence bien, j’avais imaginé ce concert très électrique (non pas éclectique, bien que...), réactions timides du public, puis une immense, que dis-je grandiose version de
Washington ( rien à dire le morceau est géant). PJ et ses solos de guitare sort le public d’un semi-coma, heureusement que Fred sait siffler, ça réanime la flamme.
La plus belle chanson de Mustango pour certains, Les Hérons prend la relève, intense moment de sensibilité, cette chanson prend sur scène une toute autre dimension. Le piano noir au fond de la salle servira de lieu de villégiature à JLM pour un Mont sans souci acoustique, sans coeur et sans relâche, nous fera les cris d’enfants, en ayant un peu de l’air de s’em..., enchaîné au Fier amant. Les réactions du public sont courtoises, mais sans toutefois déclencher l’hystérie collective.
Medley : le Baiser, Terre de France, pas d’applaudissements, pas le temps que Bang Bang nous entraîne dans la folie Murat, sans avoir le temps de reprendre notre souffle, ça y est cette fois-ci le public réagit, la chanson est belle et sensuelle. Ma chanson préférée du moment Ami, Amour, Amant redonne à JLM cette flamme qu’il ne semble pas avoir vraiment ce soir (il l’a dit que c’était la première fois qu’il jouait là ), New Yorker nous transporte avec cette voix si caractéristique. Un Belgrade annonçant le chaos, nous fait vibrer, je ne pensais pas que cette chanson pouvait contenir tant d’émotion, qu’elle pouvait devenir sur scène un tel monument, la version de ce soir est tout simplement digne des plus grands, coulant ses flots de décibels dans cette Rivière découlant de source, pour apaiser nos sens les plus endoloris.
Petite lumière de fin de set et retour timide pour un méga, méga, méga, Nu dans la crevasse, que dire si ce n’est que je suis sous le charme, que je rêve de la réécouter en boucle, que je n’ai pas envie que les lumières se rallument et que je suis bien dans cette salle et que, et que..
Merci à JLM d’avoir pensé à nous dire bonjour, Merci pour cette petite scène "je dois vous parler", un peu forcée et un peu démago, mais qui fait toujours sourire.
En fait un concert tel que je l’avais souhaité, très électrique, en parfaite osmose avec ses musiciens ,avec un JLM un peu fatigué, très nonchalant, très en gouaille miaulante (fin de Bang Bang version les Ariistochats)
Merci pour les jeux de lumière en final. J’aurais souhaité un petit rappel supplémentaire, le public devait savoir qu’il n’y en aurait pas puisqu’il quittait la salle dès les dernières notes. C’était là mon tout premier concert de JLM, je ne sais pas s’il aura été meilleur ou pire que les autres, seulement je sais que j’ai pris un immense plaisir, que je suis ressorti enthousiaste.
Je suis triste je n’ai pas eu droit aux gonzesses (qui sentent bon le bouquet de fleurs), ni à Calexico, mais un réel plaisir de découvrir sur scène de nouveaux morceaux. (…)
Bref une merveilleuse soirée, un concert honorable, une rencontre chaleureuse
alors comme dit Droopy "You know what, I’m Happy!" (je sais c’est pas très intellectuel, mais il faut bien se lâcher un peu).
Ceci représente un compte rendu d’un dolo val d’oisien.
Enrique
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Pas vraiment encore remis du choc qu’a constitué pour moi le deuxième passage de Murat à Paris... (entre parenthèse, si j’écoute Murat depuis dix ans, c’est qu’à chaque fois qu’il fait quelque chose, il m’ouvre les portes et les fenêtres de mondes inconnus de moi... Et cela fait dix ans que cela dure ! Les voyages forment la jeunesse)
Donc hier soir, on a eu droit à un Murat qui avait visiblement envie de saloper le concert, histoire qu’il ne se retrouve pas dans les bacs de la FNAC d’abord, puis des soldeurs ensuite (pour les éditions limités, c’est dans les conventions que cela se passe)...
Malgré le petit côté « Je vous emmerde », il faut bien convenir que l’équipe Murat maitrisait bien mieux son sujet que lors de son passage au Trianon...
Tout a commencé par un set acoustique et quelque peu misérabiliste de Perry Blake, remarquable songwriter (ses deux albums le prouvent) boudé par le succès et carrément envahi par la dépression. Comment expliquer un tel rejet de ses créations recrachées comme des cailloux de son gosier ? Pourtant, soumises à un tel traitement, les chansons tiennent debout, faufilent leurs mélancolies insidieuses et pénétrantes. Déshabillées de leurs orchestres, elles restent intriguantes et mystérieuses comme le crépuscule...
Après Perry Blake, il fût un dolo qui prononça la morale définitive de cette soirée : » A côté de Perry Blake, Murat, c’est Aerosmith ». Visionnaire, le p’tit gars.
Jim commença le bal, sous influence Pink Floyd/Air. Magistralement orageuse, incroyablement aérienne. C’est à Washington qu’on atterrit pour filer dare-dare dans un obscur club ou l’on danse le spleen à la perfection (un scoop, le prochain producteur de Murat, c’est Daft Punk !!!). Déjà deux monuments : Paris est trop petit...
Naturellement, la sueur aidant, les corps se firent plus désirables, plus animals aussi, PJ ne pouvait rater cela. Orgasmique...
Les Hérons déploient leur ailes, sortant le concert au lever du jour, le brouillard n’est pas tout à fait levé. Emballer, c’est peser.
Après les présentations d’usage (salut les dolos, salut les pas-dolos...). Murat se met au piano pour balancer Mustang (toujours impressionnant), et balance comme d’hab’ Mont sans souci (dommage)..
Revenant sur le devant de la scène, Murat glisse Le Fier Amant de la Terre (tellement Cheyenne Autumn, incroyablement underground donc).
Mais c’est fissa que l’on retrouve Bang Bang (via Le Baiser et Terres de France), félin à souhait, irrésisteblement cruel....
Murat souffle et prend le temps d’un Ami, Amour, Amant, la jonquille à la main. Les nostalgiques n’auront pas manqué de noter la similitude romantique avec Morrissey et ses glaïeuls...
Pour terminer ce concert, On embarque tous dans un Belgrade inexorablement rock, machine surpuissante, monstre de scène, à la violence déchirante et des paroles très fortes « ce soir, on va la cantine, on parke la twingo, c’est là qu’on dîne ». Le morceau qui tue...
Murat s’en va et revient sous les vivas trop peu chaleureux du public pour balancer Nu dans la Crevasse devenu un véritable mythe...
Et puis c’est tout, forcément trop peu...
Ce qui marque dans cette électronique de choc, c’est bien la variété des rythmes, des traitements sonores (samples envoyés à la volée, accélération fulgurante, apaisement bienvenu)... Murat possède la pleine maîtrise de ses engins futuristes, ambiance subtile et violente... Il ne manquait sur scène que la présence envoûtante de Jennifer... Ou de la petite Sophie
Stéphane
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Pour moi, le concert d’hier soir était avant tout un magistral combat. J’ai découvert pourquoi la boxe est surnommée « le noble art ». Et je ne partage pas l’avis de ceux qui ont trouvé ça trop court.
« Nu dans la crevasse », terrifiant coup de poing dans la gueule (l’Olympia n’avait pas vécu ça depuis My Bloody Valentine), ne pouvait décemment être qu’un point final.
Laurent
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L’Olympia a été vécu par JLM comme son interview au pop-club, un passage oblige a une légende, JLM a voulu frôler les légendes, il n’est pas a l’aise. L’interview avec José Artur etait juste, elle a montre les faiblesses (ou les forces) de JLM, Artur l’a impressionné, il a été dépassé, juste capable de répéter, oui...oui, non...non et de se dévoiler plus que dans d’autres interviews, parce qu’Artur a su le coincer.
L’Olympia l’a aussi coince, son public, mélange de tout Paris (Francoise Hardy etait au 12e rang), et de fan (Ca gaze les dolos).
On peut préférer un de ses meilleurs concerts comme Ris-Orangis ou il a tant discute pendant les chansons, son explication de texte sur Giscard, c’est le côté Murat un peu extraverti, comme l’interview Ardisson. On peut préférer l’Olympia, complètement introverti: pourquoi parler des dolos et s’arrêter la, seules 40 personnes ont du comprendre ... en dire plus c’etait s’exposer ce soir la, il ne voulait pas. L’introversion pousse au maximum, comme une carapace, c’etait les feedbacks à la guitare, les effets de voix, le final, le départ, sec comme un coup de trique. Comme l’interview avec Artur, on aurait dit un gosse d’école maternelle devant son instituteur.
Peut-être qu’il a senti qu’on rentrait trop dans son univers, tout concourt a le penser: « bon, je vous ai parle maintenant, on est amis alors ? », la discussion avec la tulipe, a mon avis le moment le plus fort (quand il s’adressait a cette fleur, c’etait à son public).
Frappant également, le nombre de chansons chantées les yeux fermés ou mi-clos, par rapport a Ris-Orangis où ses yeux percaient le public. Mais vous (moi) les Dolos vous étiez tout comme, j’etais derrière vous, je vous ai vu vous manifester au début, il l’a vu. Je vous ai vu vous lever a la fin. Les introvertis qui s’extravertissent ??? Le Murat Artur contre le Murat Ardisson ??? Rappelez-vous, les pancartes, les briquets .... rien de tout ca, juste un hommage simple en se levant.
On pourrait faire la comparaison avec les concerts de William Sheller quelques jours plus tôt, la standing ovation dépassait les 20 premières rangées. Pourquoi ? Sheller a su etablir le contact avec le public, en le remerciant.... en lui parlant. JLM aurait pu le faire, en expliquant les dolos, internet, en insérant Giscard dans son set. Mais je ne lui en veux pas, l’espace de quelques instants, il a plus communique avec moi avec Nu
Dans La Crevasse que .... quiconque.
MoMo
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On peut dire beaucoup de choses, faire et refaire les concerts...
J’etais a celui de Lyon et j’avais trouve qu’il etait très (trop?) concentre sur sa musique, là c’etait un peu le contraire, à part quelques morceaux déjà cites avant...
J’avais apprécie a l’époque le côté « professionnel » quant a la qualité du spectacle audio-visuel mais j’avais regrette ce manque de communication avec le public... Je me vois mal maintenant faire la critique inverse... « Humain, trop humain »...
Parce qu’on n’est pas des machines, on peut argumenter sur le cote « non-respect » du public, sur le cote commercial des maisons de disques, sur les pressions « olympiano-parisiennes »... pourquoi ne pas aussi respecter JLM tout simplement, dans ses choix, ses errances... jusqu'à présent, je crois que notre confiance n’a jamais été trahie, il est comme nous, il cherche, se plante, revient en arrière, essaye autre
chose, avance, change de direction, d’envies... c’est juste la vie, un bête réflexe darwinien qui justifie un mouvement perpétuel... ou une fuite en avant ?
Personnellement, j’avoue en avoir pris plein la tête, a tous les points de vue... passer du cote intimiste du piano a la grosse cavalerie de « Nu », des miaulements de chat a la mitrailleuse lourde de « Belgrade »... rien a jeter, je prends tout sans filtrer... les concerts ne sont pas la pour ca, les concerts sont la pour toucher, pour l’émotion, pour les sens, tous les sens... pour sentir dans ses os les vibrations du caisson de basse, l’odeur de la fumée, se faire un petit cadrage photo dans sa tête avec un contre-jour, pour se sentir vibrer, être vivant... aussi pour partager ca avec un tas d’autres personnes... une communion sans être dans une église... et il faudrait regretter quelque chose ?
Regretter c’est perdre du temps, se gâcher la vie... Murat se plante? Et alors, les seuls regrets qu’on ne peut supporter sont ceux qui correspondent a des choses qu’on n’a pas osé essayer... et là on n’a jamais la réponse... même quand on se plante, il y a toujours quelque chose a en tirer... Loin de moi l’idée de toujours « encenser » et
d’avaler toutes les couleuvres... simplement peut être que dans 6 mois ou un an, quand JLM sera sur d’autres pistes, on se dira, « c’etait bien, il a eu raison »... pourquoi ne pas lui laisser le bénéfice du doute? S’il veut bâcler ses interviews, très bien, les questions n’ont qu’a être moins convenues et moins répétitives... à croire que c’est une honte pour un journaliste de lire un papier d’un confrère ;), il est tenu par sa maison de disque de faire de la promo, très bien, c’est marqué nulle part qu’il doit la faire avec plaisir...
Sur scène, il est un peu dans son univers, le dernier bastion de « liberté » totale, par rapport même au public, aux maison de disque, a l’Olympia et Paris pour ce qu’ils représentent (pour la maison de disque et un futur live -Murat live a l’Olympia- ! ca a du le gonfler velu ca ;)
Bon j’arrête la logorrhée intempestive... J’ai rien a regretter, si ce n’est que c’etait trop court et que c’est dur d’atterrir après ça et de se remettre dans le train train... même si
c’est un TGV ;)
André
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Concert et dolorencontre dans la foulée, qui sait si c’était l’apogée ?
En tout cas, je pense que « faire l’Olympia » c’est un des summum pour un artiste. Murat en a parlé d’ailleurs en précisant que pour lui c’était la première fois.
La première partie a été assurée par un « warm up » de Perry Blake. Lent et joli.
La track list de Murat a été conventionnelle. Quelques titres ont été évacués pour donner une version plus « light » du show.
Les basses de Pj étaient moins présentes que qu’habitude. On ressentait moins la pression de ce morceau.
Si le spectacle a comporté trois phases sexuelles, le Mont sans souci a été la première. Le morceau a commencé lentement. En fait Murat chantait à un tempo proche du disque mais ne ponctuait son chant qu’avec des accords de piano joués par lui
même. Les garçons ont du ressentir une frustration typiquement sexuelle. Le sentiment d’être bridé, de se retenir, de vouloir aller plus vite et de ne pas devoir. Murat jouait lentement, on serait presque allé taper sur les touches pour que ça s’emballe. Le rythme ne venait pas, on s’engorgeait. Puis la force du piano s’est faite sentir, rapide , de concert avec le chant, éjaculation d’ivoire.
Miaulement déjà à la fin « du mont », voix suraiguë, délivrée.
Quelques fleurs jaunes déposées sur la scène ont introduit au plaisir féminin... Ami Amour Amant. Les nappes de claviers, préliminaire au texte, au chant, versé dans un désir d’entendre et de ressentir la force de la voix qui s’enfonce dans le ventre. Chanson lente, parfois murmurée. Succulence. Masturbation féminine, quand le plaisir vient plus rapidement, plus facilement; où avec un homme maladroit, Ami Amour Amant s’arrête subitement, la frustration envahit tout. Plus de rythme, plus de douceur, ça devient froid, les nappes se transforment en draps glacés. La femme a eu peur de s’oublier, elle revient vite à la réalité.
Mais il ne faut pas arrĂŞter.
Nu.
Violence nue, dernier morceau, mur du son, gémissements qui dérangent, volonté de continuer et de se laisser submerger sans trop de contrôle. L’amour entre l’avancée d’un porte avion américain brisant des vagues plus hautes que son acier et le sang qui coule des glaces quand on y trouve les corps enfoncés dans les stigmates sans âge.
Nu dans la crevasse, dans le bourdonnement des machines et de l’enfer-plaisir que connaissent les corps en sueur, dans la solitude de la spéléologie, risquée et fascinante. Nu dans la crevasse c’est « les rivières pourpres », c’est « le soldat Murat ».
En observant ceux qui m’entouraient, j’ai vu peu de morts par rapport à mes prévisions. Les gens ont bien encaissé le bruit , la fureur de « Nu », les éclats de
lumières, rondes et déchirantes. Fusion des corps, orgasme enfin abouti. On ne peut pas vivre ça sans rien ; sans sentir si on s’en sort ou pas.
Qui sait comment j’ai déjà oublié la banalité du ressenti d’autrui pendant ces minutes finales ?
Pourtant quelques corps épars retrouvaient un instinct de base, un balancement débutant, retour à une vie naturelle plus proche du brouillard chabanesque que de la brume de l’Hudson.
Les amants ont retrouvé la force d’aller au plaisir ultime. Le mont, l’Olympe, la lumière vont laisser des traces.
Julien
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Je partage tout a fait l’opinion de Marc, mais je n’aurais pas su m’exprimer tellement bien ni d’une façon tellement lyrique (surtout en français).
Pour moi c’etait un concert bouleversant, fascinant, épuisant, tout a fait différent de celui du Trianon. Est-ce que c’etait un sentiment limite au milieu du 5eme rang?? J’espère que non. Qu’est-ce que je peux y ajouter? Peut-être quelques citations fictives:
« Allez, Paganini, jouez ce morceau justement comme ca, encore une fois! »
« Michelangelo, j’ai un plafond chez moi que je voudrais laisser peindre exactement comme CA! »
Si on assiste au N-ième concert de JLM pour voir « l’œuvre en progrès »—pas de tubes, ni des chansons-comme-CD—qu'est-ce qu’on attend, vraiment ? Il existe toujours le risque que JLM finisse par gribouiller ses propres chansons parce que la maison de disques ne lui laisse pas le temps de les travailler de nouveau, ni de terminer la routine pour penser, pour mener un nouveau chemin.
Une année entière de concerts? -- est-ce que cela peut se défendre, même si nous voulons bien le voir en scène? Pas d’accident, je pense, que la meilleure chanson à l’Olympia fut « Nu dans la crevasse ». Violent, oui, intense, oui, une occasion unique, oui oui oui. A ne pas manquer. J’espère que ceux qui osent régler la vie de JLM l’ont bien écouté.
Vivien
Mustango Tour