Date :
19 mai 2000
Ville :
Sin Le Noble (59)
Salle :
Les avis sur ce concert
Dur dur, d'être anglaise... ayant été chargée du CR du concert de Sin Le Noble, j'ai saisi mon dictionnaire qui s'est ouvert sur le mot "hasard". Pour moi, c'était un hasard heureux de pouvoir assister a ce concert bien différent de ceux a Paris, d'un caractère plus doux, d'une ambiance tout a fait non-métropolitaine.
La première tranche des Dolos est arrivée a SLN a 19h pour être confrontée à une "grand-place" presque vide et d'un ciel noir et menaçant. Très bien. Mais peu a peu la place s'est remplie et les gens commençaient à faire la queue devant les portes de la salle de concert -- et à point nommé la pluie est tombée en fortes averses, la grêle là dedans. Fou fou, d'être Dolo...
Mais finalement nous voila -- frigorifiées -- dans la salle, qui s'est remplie des Sinois, des pas-Sinois, des familles, des jeunes, des pas-jeunes (une dame d'une soixantaine d'années derrière nous) -- et la 2eme tranche des Dolos; Lolo, Sam et Loic, tout juste sortis de l'autoroute. Nous étions au 2eme rang, Cricri et son mari au premier. Derrière nous, 500 personnes; complet. Un frisson dans la salle; ça commençait. Alain, Régis, le pauvre Denis clopinant, la jambe toujours plâtrée... et finalement JLM, vêtu d'un pantalon noir, d'un T-shirt gris et d'un blouson de cuir, les cheveux en désordre total (est-ce qu'il se prépare pour les concerts suspendu la tête en bas?).
Un Jim doux, un peu retenu, presque introspectif, avec une introduction très longue; moi je l'ai beaucoup appréciée. Applaudissement polis de la salle. Un Washington plutôt réservé, un
peu handicapé par le manque de puissance du micro spécial lie au synthé, mais peu importe -- applaudissements plus chaleureux. Pour moi le concert s'est déclenché avec PJ, une chanson toujours bien réussie en scène. Applaudissements forts -- les gens ont aimé ça, se sont rendus compte de ce qu'il fait. Et puis au piano et -- merveille! -- l'harmonica ne tombe pas sur terre. Cris de reconnaissance aux premiers accords du Mont Sans Souci -- une version qui s'est ralentie vers la fin, ce que j'aime beaucoup -- et puis un Mustango superbe, enchanteur. Une petite pause, puis une tempête d'applaudissements. A ce point-ci je confuse l'ordre peut-être -- je n'ai pas pris de notes -- mais je crois qu'il y avait Les Hérons, et un Bang Bang très spécial. Ca commençait cette fois avec Dordogne et Le Baiser -- nettement mieux a mon avis qu'avec Terres de France, bien que j'aime beaucoup cette chanson. Une atmosphère magique est descendu sur la salle, le public cloue sur place par les grincements de synthé lynchiens et les miaulements de tradition à la fin. Superbe. Qu'est-ce qui suivait? Ami Amour Amant, je crois; Fier Amant; Rivière; un Belgrade écourté. Tout s'est déroulé si vite, et nous voilà à la fin, avec Nu dans la Crevasse.
Mais attendez! Qu'est-ce qui se passe? JLM commence tout seul a la guitare... en La. Ca c'est intéressant, je pensais; normalement la chanson est en Fa. J'essayais d'imaginer la suite de la chanson en La, et je me suis rendue compte que "How many roads" serait très haut, et "How many rivers" dans un fausset inconnu chez JLM depuis l'époque de "Passions privées". Au secours! Ambulance! Pompiers! Apres quelques minutes -- comme si par télépathie -- JLM détachait le capo de sa guitare (attaché pour la chanson précédente !) et le montrait a Denis. La transition se déroulait, sans heurts, en Fa. Une chanson merveilleuse (même en La) -- on n'a pas besoin de description, je pense. Des cris, des hurlements, des applaudissements sans cesse.
JLM et Denis sont revenus pour Calexico, Giscard (très bien fait et évidemment très bien reçu dans une ville dite communiste -- est-ce que JLM le savait en avance?), l'Irrégulière (magnifique) et pour finir, Richard ("il est tard... il est tôt... il est tard..."). (Oui, Jean-Louis, il était maintenant très tard!!!) Toute la salle s'est levée pour l'ovationner. (20 ou 30 personnes étaient déjà debout pendant 25 minutes, ayant été en train de partir, ayant cru que le concert s'était termine avec Nu!).
La salle se vidait lentement -- 50 a 100 personnes sont restes, et JLM est vite revenu pour faire, très gentiment, des autographes a tout le monde et pour causer (comme les français sont bavards!) pendant une heure entière. Je termine ici parce que mon cerveau est saturé de français et je ne peux plus. Aux autres de raconter la suite! Mais pour moi, c'était un concert inoubliable, le plus beau que j'aie vu. Assise de nouveau devant mon ordinateur a un Londres pluvieux, je n'ai qu'une chose a dire -- un concert de JLM vaut toujours, TOUJOURS le voyage.
Vivien
Mustango Tour