Date :
4 avril 2005
Ville :
Paris (75)
Salle :
Théâtre Edouard VII
Les avis sur ce concert
Bon je me lance dans mon premier CR. Hélas il n’est pas très enthousiaste. Vous apprécierez la litote ...
J’étais passé plusieurs fois devant le théâtre Édouard VII mais c’etait la première fois que j’y pénétrais. Drôle de choix pour un concert. Je remarque l’absence de piano. Je la regrette car Jean-Louis rate rarement ce genre de morceaux (récemment terres de France ou encore Rivière que j’aime beaucoup) et parce que le lieu se prête davantage à une communion autour de sa poésie qu’a des emballements sur des riffs de guitare.
Pourtant ce serait trop rapide de dire que JLM a fait un concert rock. Il a joué l’essentiel du nouvel album expurgé, curieusement, de tous les Béranger, de sa Camillade et des deux titres...rock (Nixon et Winter). Hélas, presque tous les morceaux furent ratés.
Oh my love et Foulard rouge pour commencer...Je ne suis pas assez pro pour dire ce qui n’allait pas mais ces chansons avaient perdues beaucoup de leur sensualité. J’etais au milieu de la salle, bien au centre, et j’avais l’impression que JLM était, géographiquement et psychologiquement à des kilomètres de son public.
Cette impression de non-implication de JLM devient franchement criante sur La fille du capitaine (il se plante à un moment je crois mais rattrape bien le coup), sur L’almanach amoureux (en deux parties...) et sur Colin Maillard qu’il a fait semblant de chanter comme il sait si bien/mal faire. (je ne sais plus quelle magnifique chanson il avait chanté au Café de la danse sur le mode « rigolo » ce qui était bien dommage, Le baiser je crois). Il ne disait pas les « tu sais » et accentuait un peu le coté lubrique/paillard alors que cela aurait pu être très beau.
Les deux qui sortaient du lot pour moi : Ce que tu désires, qui sans être géniale avait le goût de la nouveauté puisqu’il la chantait seul. ( Il y avait pourtant deux micros, un pour Murat hier soir et l’autre... pour le vrai Murat qui ne s’est jamais pointé) et le désert avance, mais je dis peut-être cela parce que je l’aime beaucoup.
De manière générale...le silence des cordes était assourdissant ! Le charme de cet album est tout entier dans les cordes et Murat les enlève sur scène. Je ne comprends pas !
A part Moscou, pas une seule chanson d’ ABOAP et que des classiques désormais de la période Jiménez (la maladie d’amour, la petite idée derrière la tête, l’amour qui passe, l’au-delà , le cri du papillon, les jours du jaguar). Unique chanson de la déjà vieille époque : Jim.
Ca fait pas beaucoup me direz vous...c’est que je n’ai pas encore dit que Jean-Louis faisait
1. des intros parfois réussies mais dans l’ensemble interminables
2. joujou avec ses pédales et des citations de film venues de je ne sais ou. Assez raté à mon goût. Drôle parfois.
3. durer le plaisir...en ralentissant le rythme des chansons...
Il est manifeste que Murat penche sur cette tournée plus vers Neil Young que vers Léonard Cohen. Je le regrette mais ce n’est pas critiquable en soi. En revanche, je suis désemparé par tant de choix que je ne m’explique pas :
1. Un ami m’a dit que Dylan faisait apprendre 600 morceaux à ses musiciens pour les concerts. Jean Louis a un tel répertoire...Sa set-list de cette tournée est décevante ! Pour les inconditionnels qui viennent à chaque fois, il pourrait changer un peu de programmation et pour les néophytes, il a mieux dans son catalogue que ce qu’il nous a sorti hier comme oldies...
2. La salle...Mais bon dieu pourquoi ce théâtre ??? Perso j’en ai un peu marre de l’au-delà et du cri du papillon mais elles me donnent toujours envie de bouger. et hier à part de très rares courageux, tout le monde était scotché à son siège...Les fans de Clayderman sont plus chauds !
3. Comme pour l’album, j’ai l’impression d’une lassitude de Jean-Louis. Il n’y a pas eu une seule surprise hier. Et ça c’est grave ! Au Café de la danse, il y avait Jennifer Charles...peut-être que Carla...l’aurait réveillé. Je sais pas. On ne peut pas dire qu’il ait mal joué...certains moments étant même assez emballants musicalement mais niveau charme...c’etait le film de M6 du dimanche soir.
Ironie du sort, JLM me déçoit musicalement au moment où ses prestations médiatiques (certes rares) me touchent plus qu’elles m’agacent. (cf : itw radio en suisse et entretien croisé avec Carla aux inrocks)
Heureusement j’ai rencontré quelques dolos. On a séché nos larmes ensemble et du coup j’ai séché 1451...je finirai par l’acheter de toute manière mais hier j’avais pas envie de débourser 35 euros de plus.
Voila, je suis décu mais pas inquiet. Hier c’etait une rencontre ratée. Pas de magie, d’alchimie, de charme. Mais Jean-Louis va se reposer...et revenir en force.
Julien S.
Moscou tour