Date :
6 décembre 2006
Ville :
Bruxelles (BEL)
Salle :
Botanique
Les avis sur ce concert
Après 2h20 d’angoisse, bloquée dans les embouteillages entre Liège et Bruxelles, j’arrive là où le bonheur m’attend…juste le temps d’entrer dans une salle, déjà comble, les premiers accords de JL résonnent dans la lumière tamisée.
Taormina, en ouverture, très différente de la version studio donne le ton et je sens que, malgré l’air détaché du jaguar, ce concert va me dévorer toute crue. Intuition féminine ? Feeling muratien ? Qu’importe…
Les titres s’enchaînent sans faille et, seulement au bout de quelques chansons, JL nous salue. Juste quelques mots avant de reprendre le fil de l’envoûtement d’un public attentif, sous le charme et très enthousiaste.
Le guitariste me transporte entre le soleil de Taormina et ses cailloux volcaniques, le doux nectar du « Parfum d’acacia au jardin », le paysage de « Moscou » dont j’aurais voulu être la fille du capitaine.
Quand « le moujik » me prend la main …oh oh oh, c’est l’amour qui passe…J’ai cru voir les magnifiques chevaux…Suis-je la seule ?
Dans la foule romaine, je m’enlise … la maladie d’amour me tient, me colle à la peau…Lilith sommeille…abandonnée entre ses respirations languissantes et sa voix chaude d’amant.
Est-ce bien l’amour ? N’est ce qu’un effet trompeur ? Je dis : « je t’aime et voilà … »
Personne ne m’entend …
« Si je devais manquer de toi » me replonge dans un Cheyenne autumn mélodieux, la nostalgie m’envahit et le rêve se poursuit dans l’éclat bleuté, puis orangé qui se déverse autour de lui.
Le temps passe, ma montre s’affole, c’est l’heure du berger , je ne peux retenir une larme pour les démariés.
Je me perds sur le chemin des poneys mais le cri du papillon me donne l’envie de danser au milieu des bruyères qu’il arrache et je ne connais même pas son nom…Mais si…mais si…
c’est mon amour dans son quartier de lune qui m’entrouvre les portes de l’au-delà où le jaguar, tout juste bon à garder les oies, me grignote l’âme…
Il quitte la scène, non sans avoir présenté ses musiciens. Moi, je quitte la salle, habitée par un manque, un goût de trop peu, de pas assez comme une maîtresse insatiable …et le désert avance…
CH
Taormina tour