Date :
12 octobre 2011
Ville :
Lyon (69)
Salle :
Ninkasi Kao
Les avis sur ce concert
C'est l'heure du concert ; Une 1ère partie avec une fille qui débute [ndLLD : Lili Marche], seule avec son clavier, y'a de l'émotion chez elle. Ce qu'elle fait est bien sympa et elle aussi (on a papoté après le concert , elle est consciente de cette opportunité qui lui est offerte par Jean Louis et elle aime bien ce qu'il fait).
Puis c'est l'heure !!! Jean Louis commence direct. Les titres du Grand Lièvre s'enchainent. Les paroles prennent toute leur puissance avec l'interprétation sur scène... les choeurs sont moins présents en live. Cela donne une autre vision des chansons, mais montre aussi leur intérêt sur l'album. (à mon humble avis ...)
Arrive "vendre les prés" et changement dans la salle , ça bouge plus !!! les gens connaissent le titre. A partir de cette chanson, ce n'est que montée en puissance de l'ambiance, de l'atmosphère dans la salle et sur scène ...
Puis c'est les anciens morceaux. Les interprétations sont magistrales. Jean Louis est en grande forme et ça se voit. Il invite le public à chanter sur Foule Romaine (qui pour moi à un sens tout personnel ...). Et l'émotion est bien là avec Jim. mon voisin fond en l'armes (chacun à sa petite histoire avec les chansons de Jean Louis c'est pas moi qui dirait le contraire ...)
Nous avons droit à "alcaline " très psyché ... (pour moi ). Jean Louis ressens que le public est en phase ce soir et il nous donne tout son talent, toute son émotion dans son interprétation !!! La classe. Tant et si bien que nous avons droit à un 2ème rappel . Pffff trop bien ...
Vraiment , Ă chaud , superbe concert et magnifique Jean Louis : la classe
Je vais me refaire un "coup de râble " de ce "Grand Lièvre " je sens ...
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imassu (sur JLM forum)
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Le CR de Pierrot sur son blog :
Allez disons le tout net (ah, c'est cool, on est sur le net), et vous pouvez compter sur moi pour le dire sans circonvolution et autres... je... oui, je le dis: tout Pierrot que je suis, je n'allais pas à ce concert de manière tout-à -fait enthousiaste... soucieux de savoir comment le "Grand Lièvre" allait être cuisiné, et un peu décu par la set-liste probable...
Et puis, non pas au bout du compte, mais dès les premiers instants, c'était parti... Après une intro en lente progression, "qu'est-ce que ça veut dire" attrape le public dès le début... Plus de 6 minutes 30 plus tard, on accélère encore pour "sans pitié pour le cheval" (3 minutes...)... mené au galop.. et des jolis parties instrulementales avec des chouettes choeurs de Fred et stéphane... Le 3e titre reprend plus calmement, la basse de Fred nous vibre dans les oreilles, tandis que les doigts de Slim nous livrent une jolie partie d'orgue: "Rémi est mort ainsi" (5 min). Sur la fin, lalallallala, JL MURAT propose au public de chanter à ses côtés... Un début de concert nettement meilleur il me semble que sur la dernière tournée... notamment du fait de "qu'est ce que ça veut dire", enchainé au quasi-endiablé "sans pitié...".
On découvre donc un "grand lièvre" sévèrement électrifié, et une section rythmique pêchue. De quoi vraiment faire taire les critiques (que je n'ai jamais comprises) sur une soi-disante monotonie ou atonie des compositions de cet album... D'ailleurs, même si le public ne connait forcement tous ses nouveaux titres (mais c'est une information à vérifier), il semble rapidement conquis et applaudit vigoureusement. On part par contre sur un autre écueil : un concert assez monobloc... Et deux amies, moins adeptes, m'ont exprimé au bout du compte un peu de lassitude... Un titre au piano, une partie acoustique... dont on imagine ce qu'elles pourraient donner bien sûr!, ferait de ce show, peut-être le meilleur de Jean-Louis Murat... Et pourtant, ils ont été nombreux ce soir-là , à penser que c'était le meilleur concert de Jean-Louis qu'ils aient vu (Laurent Cachard, Dory Faye, Jean-Luc... et à eux trois, ils en ont usé des chaussures dans les fosses...)... Le fait est que "grand lièvre", déjà gaillard, au sortie du terrier se sort largement renforcé de cette course au grand air... Je me rappelle de la tournée "moscou" dans le même lieu, où les versions jouées étaient très largement ralenties, parfois tellement différentes de l'album... Là , le choix de l'ardeur est toujours effectué mais on retrouve toujours les chansons de l'album comme on les a aimés. Comme sur la tournée du Cours ordinaire des choses (c'est du moins ce que j'avais écrit), on se dit que dans ce cadre semble-t-il assez respectueux de la Tonalité, du Tempo et de la "Tructure" (les 3 T), et devant un set totalement impeccable et sans "fausse note", il y a peu de places pour l'improvisation et l'inspiration du moment...Et pourtant, je suis impatient de voir à Fontaine comment Jean-Louis réinventera tous ces titres... et il ne manquera sans doute pas de le faire.
Soit reprenons...
Alexandrie ensuite... nous laisse encore sur un rythme calme... Ca devrait être le moment d'émotion du concert, mais ça ne parvient pas totalement à remplir cet objectif... mais c'est néanmoins un excellent moment. J'aime beaucoup le texte dans son effet "liste" ou "accumulation"... Encore une fois, les choeurs interviennent... Plus de 6 minutes.
On poursuit sur "Haut-Arverne" (5.3)... magnifique fin, avec une voix de Jean-Louis au meilleur de sa forme, entouré des choeurs.... Ensuite, "Vendre les prés" (5)... Je constate que nombreux sont ceux qui opinent du chef... Le single a apparemment été bien choisi... Là aussi, Jean-Louis se lâche: "il faut vendre les prés" rageur... Slim Batteux est bien sage dans un coin, assis, derrière un tout petit clavier... On est donc loin de Denis et de ses doubles synthés. On le sent concentré, mais zen... mais partageant peu de regard, me semble-t-il, avec les autres... C'est d'ailleurs aussi le cas de Jean-Louis... Même s'il présente deux fois les musiciens il me semble.
Un superbe moment à mon avis ensuite: le coureur espagnol, qui débute sur un petit sample... Le titre est rythmé... mais fait une pause sur un Jean-Louis Murat quasi a capella... sa maison.. sa maison... avant de repartir de plus belle dans le Tourmalet... Vraiment une excellente version... mais un morceau trop court (pas plus de 5 minutes)... J'en aurai bien repris deux minutes, comme aurait dit Fignon....
Par contre, les morceaux défilent... ne laissant pas vraiment le temps de souffler. Là encore, Jean-Louis donnerait encore plus de gage de son plaisir d'être avec nous, en prenant quelques secondes... et je ne parle pas de "parler"... C'est vrai que je ne m' attends plus vraiment à ce qu'il le fasse. Par contre, là encore, d'autres camarades qui ne l'avaient vu que deux fois et sur la tournée TRISTAN, en solo donc, m'ont exprimé de vrais regrets là -dessus... Comme son entourage et lui-même ont l'habitude de l'expliquer, le silence de Jean-Louis est avant tout dû à la concentration sur sa musique, son "soi à soi"... et que s 'il commence à l'ouvrir, il a dû mal à s'arrêter. En fin de soirée, à la fin d'une très très longue séance de dédicace, où il démontre son plaisir d'être là et de discuter avec chacun, il ajoutera une autre raison (en réponse à l'évocation d'un concert à Rouen où il n'hésitait pas à s'engager politiquement...) : "non, mais je ne vais pas parler des ... [je ne me rappelle plus du terme utilisé, mais c'était élogieux bien sûr!] du PS parce qu'avec internet, c'est le lendemain de partout..."... J'étais dans mes petits souliers (rouges)... et je me suis fait tout petit... Le fait est que l'argument ne tient pas réellement... Il y a 20 ans il y avait bien un correspondant presse dans la salle, et c'était une toute autre diffusion... Mais soit...
Je remarque à de nombreuses reprises que Jean-Louis ouvre les yeux pour chanter... même si l'éclairage peut malmener ses yeux clair. Je vois cela comme une vraie tentative (et je pense : réussie) de se mettre en contact avec le public. Tout comme demander au public de chanter (à 3 reprises)... Le caractère ou non "très spontané" de ces gestes fera l'objet d'un petit débat entre camarades à la fin du concert... Jean-Louis récolte ce qu'il a semé... dans sa constante tâche médiatique de brouiller une identité... Marie Audigier nous indiquera en fin de concert, alors qu'elle interrogeait méthodiquement en prenant des notes sur un carnet à spirale, certains spectateurs à l'issue du concert : "jean-louis ne fait que ce qu'il veut, s'il le fait, c'est qu'il a envie de le faire"... Quand j'ai aperçu Marie derrière la console avant le début du concert, je me suis dit que Jean-Louis Murat allait peut-être jouer pour elle... ou avoir en tête qu'il allait être "jugé" par sa manageuse historique... Peut-être a-t-il encore la volonté de lui démontrer qu'il est meilleur que Manset? (sur l'aspect "live".. c'est sûr que là dessus...)...
Vrai plus sur cette tournée, le jeu de lumières essentiellement lié à des miroirs orientables vers lesquelles sont pointés des projecteurs... Les lumières enveloppent parfois Murat, l'entourent... Assez superbe... Petit bémol : on reste sur le noir et blanc... et les projecteurs vers Slim et Fred me font penser à une gazinière 6 feux... mais soit, je dis ça pour faire mon intéressant.
Voilà qui se pointent Les rouges souliers en taille 8... L'orgue swingue... Version assez semblable à ce que l'on a déjà entendu... On repart ensuite directement sur le gros riff de la lettre de la pampa, et les violents coups de batterie , leitmotiv de cette version... Jean-Louis se lâche sur la voix... mais le titre est bouclé en 3 minutes... une de moins que sur l'album.
Partie de guitare plus que familière ensuite: Mousse noire... Ca en est donc fini des titres de "grand lièvre"... pas de "je voudrais me perdre de vue"... pourtant très apprécié des fans me semble-t-il... Dommage... Un titre où Jean-Louis pourrait se livrer de manière un peu plus intime...
Il s'agit donc de la 3e tournée où Jean-Louis Murat joue "mousse noire", titre datant de Tristan (il figure sur le live inclus dans l'édition limitée de grand lièvre)... mais promis, juré : très belle version... "quel orage...." Très belle prestation vocale de Jean-Louis... et superbes ponts musicaux... Une version encore plus rock que celle enregistrée à Clermont, même si la version n'est pas étirée plus que cela.
Le public frappe dans ses mains... C'est "yes sir"... idem que mousse noire... on avait découvert le titre sur la fin de la tournée Tristan.. et il figure sur le Live... Et pour moi, c'était plutôt "no sir!!"... d'autant plus que la version donnée précédemment et son gimmick très répétitif me lassait... Cette fois, cet écueil est évité... et c'est après une longue intro d'une minute trente, que Jean-Louis se met à chanter... Et pas de doute... il aime ce titre.. "C'est ma vie..."... et s'amuse énormément à faire des variations sur le "yes sir"... puis à livrer un beau solo de guitare... même si la version est finalement plus courte que celle du "live in clermont"...
On reprend un peu son souffle ensuite avec "Foule romaine" (5), très cool... Jean-Louis nous invite à chanter... Je relâche un peu l'attention, même si j'écoute avec plaisir le public reprendre le refrain... Très belle partie de guitare... mais j'ai eu nettement plus de plaisir à retrouver "le train bleu" lors de la précédente tournée...
Première vraie interrogation ensuite... à l'écoute de l'intro suivante... Ca balance grave... et c'est près de 3 minutes plus tard que le public manifeste sa joie de retrouver JIM (7). Je n'adhère pas tout-à -fait à la version (orgue, et certains choix rythmiques)... mais là , encore, Mr Murat livre une belle prestation...
C'est le rappel... et public conquis... cris, applaudissements...et tout...
On n'a pas trop à attendre... Et Jean-Louis revient avec le groupe... avec une nouvelle guitare... Son plus saturé... et là , encore, je m'interroge... avant cette fois de reconnaitre au milieu de l'introduction, le titre de Bashung "ALCALINE"... Seule vraie surprise de ce set (puisqu'il ne contient aucun inédit..). J'aime beaucoup... la version me semble plus proche de celle diffusée chez LENOIR que celle qui avait été plus largement diffusée. Un très grand moment de guitare sur la fin du titre... Jean-louis se déchaine... accompagné d'une longue séance de stomboscope... C'est rock, coco! 7 belles minutes encore.
Je vais encore faire mon rabat-joie... mais "les voyageurs perdus" (6), là encore.. comme Yes sir...je ne leur aurais pas indiqué le bon chemin... Et puis finalement, là encore, belle intro rythmée, avec une jolie partie de clavier... Jean-Louis a son harmonica... mais l'utilise peu ou pas... Et surtout, jolie partie chantonnée sur la fin où jean-louis invite une dernière fois le public a chanté avec lui.. lalalalala... Et redemande même aux musiciens "encore une fois"... avant que le morceau se mette à s'emballer... Vraie surprise cette version... très réussie au bout du compte par sa réorchestration.
Dernier rappel... public toujours enthousiaste... et moi, je trépigne.. Je sais ce qui nous attend... Le retour du jaguar... et je ne suis pas le seul... Au premier riff reconnaissable, les cris fusent... Très très chouette introduction... (encore sous trombinoscope) avec un solo de guitar héro... à tomber... 3 minutes de rock intense... puis un retour au plus calme pour les premiers refrains... Jean-Louis Murat frotte son manche avec sa main... et se plante un peu dans le texte.. On repart encore sur un solo à tomber, avec un Stéphane d'enfer... mais après l'introduction exceptionnelle, le morceau peine à aller crescendo dans l'intensité.. peut-être du fait que jean-louis privilégie la guitare (et quelle guitare!).. à la partie vocale moins inspirée... mais enfin, c'est quand même le pied... enfin, la patte... ce titre... Un très très grand plaisir de le réentendre...
Le public est enthousiaste, ravi.
Comme je l'ai déjà dis plus haut, à chaud, Laurent et Dory m'indiquent que ce n'est pas loin d'être le meilleur concert de Murat qu'ils aient vu... Stéphane du Voyage de NOZ a apprécié mais émet des réserves notamment sur Alcaline et aurait peut-être apprécié retrouver un peu du Murat intime (genre "amis amour amant...).
Et moi? J'ai passé un excellent moment... A part quelques oublis de textes (JLM n'a pas de pupitres sur scène), on n'a pas l'impression d'assister au deuxième concert de la tournée. Le groupe tourne comme jamais, et le clavier est excellent. Pas vraiment de temps morts, de morceaux étirés ou méconnaissables et d'impros se terminant un peu à la one again, et on fait l'économie des nappes de synthés de la dernière tournée que je ne goûtais pas trop...Toutefois, en tant que membre de la section semi-hardcore des muratiens, pour m'assouvir totalement, il me manque quelques surprises... des inédits ou le choix de ressortir deux-trois vrais vieilleries, et quelques prises de risque... un morceau solo, piano... ou autres... Le set et les orchestrations jouent le jeu d'une grande "accessibilité" (même si parfois très rock)... La priorité semble plus d'être plus de conquérir un nouveau public et de défendre "grand lièvre" que d'assouvir des pulsions étranges de fans acariatres... Je m'étais déjà fait la réflexion en écoutant l'annonce, un peu surprenante, faite au tout début du concert : "jean-louis murat assurera une séance de dédicace...". C'est une super initiative qui a permis à tous et pas seulement aux plus courageux pour patienter un peu, de découvrir un Murat accessible et agréable auprès de chacun... et de faire un peu travailler Jocelyne!
J'attends avec impatience ma nouvelle soirée avec le "grand lièvre"... Ca sera à FONTAINE...Cette fois, dans une salle qui sera peut-être en configuration "assise"...
Pierrot (www.surjeanlouismurat.com)
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Laurent Cachard sur son blog http://laurentcachard.hautetfort.com/
Ce blog n’a pas vocation à se spécialiser dans l’information et la promotion de Jean-Louis Murat, j’en connais – et des très bons – qui font ça à merveille. Cependant, au sortir du deuxième concert de sa tournée Grand lièvre, un album que je chroniquais le jour de sa sortie, je dois dire ici mon enthousiasme, et celui de ceux qui m’y ont accompagné. Rarement l’auvergnat ne m’a paru aussi à l’aise sur scène qu’aujourd’hui, aussi bien dans son jeu et, dois-je dire, aussi bien accompagné. Pourtant, j’avais souligné, l’année dernière encore, l’importance de Denis Clavaizolle dans le dispositif muratien, mais des choix ont été faits, et pas forcément du côté que l’on croit. Le clavier des premières années du côté de chez Zaz, c’est avec un autre clavier dont je n’ai pas compris s’il s’agissait de Slim Batteux, qui a enregistré le disque, ou d’un autre embauché pour la tournée [NdLLD : c'est bien Slim], que le concert commence. En tout cas, ce sont les morceaux qui tournent, avec une option, outre les chœurs, moins omniprésents sur scène que sur galette, accords bien plaqués là où Clavaizolles procède par nappes : ça donne une structure supplémentaire, à mon sens, au morceau et, disons-le tout net, ça encadre davantage le Jean-Louis, ce qui aère son jeu de guitare et ne lui laisse pas les impro interminables doublées de hurlements qu’on a déjà trop entendues sur d’autres tournées. A ce sens, la première heure, hier, dans un Ninkazi bien sonorisé – c’est à souligner – fut dantesque, de par une session rythmique Raynaud/Jimenez au sommet, plus encore sur scène que sur disque, c’est vous dire. Cette rythmique « ronde et carrée à la fois » dira le Dory 4, c’était déjà le support de la tournée du « Cours ordinaire des choses », c’est l’apothéose du Grand Lièvre Tour. Et comme chez Murat, c’est l’exigence qui prime, c’est tout l’album qui y passe dans la première heure, avec un extraordinaire triptyque pour commencer : « Qu’est-ce que ça veut dire ? », « sans pitié pour le cheval » et ce formidable « Rémi est mort ainsi », avec ce vers pour lequel je me damnerais : « dans l’air des montagnes, entends-tu l’hallali ? », les chœurs qui suivent… Un "mousse noire" supérieur aux deux dernières tournées. Même les morceaux qui me semblaient plus faibles, comme « le champion espagnol » ou "la lettre de la Pampa" se mettent au diapason. Et que dire de ces singles qui se supportent eux-mêmes, "les rouges souliers" dont les premières mesures, irrésistiblement, renvoient au "Cheyenne Autumn", et "Il faut vendre les prés", à l'orgue Hammond presque dansant, au bout du paradoxe ? La limite n’a pas été franchie, il n’y aura pas d’autodestruction, le concert sera bon jusqu’au bout, dans mon top 2 sur la quinzaine vécue, après l’inatteignable Salle Rameau et ses « lien défait », « Troupeau » et « je veux te garder près de moi ».
Moins d’effets que sur le disque, une formation neilyoungeste qui lui sied à merveille, tous resserrés à observer le patron donner la mesure, un son et lumière qui éclate jusqu’aux ingé-sons à la console qui s’en donnent à cœur joie, le concert a commencé fort et, à mon sens, n’a baissé qu’en rappel, du moins sur les deux premiers, un « Alcaline » emprunté à Bashung qui n’a rien apporté et un « Voyageurs perdus » qui retient un peu son souffle avant qu’un « Jim » réorchestré pour le clavier n’emporte le tout, avant un dantesque (pléonasme) « Jour du jaguar ».
Je sais que les muratiens guettent chacun des signes qu’il donne. Qu’il n’ait rien dit du concert ne leur a pas suffi : pour certains, il y a eu trop d’ironie dans la gestion du public, voire dans la présentation des musiciens. Pour d’autres, qu’il n’ait rien dit relève justement du je-m’en-foutisme. Moi qui connais mon Murat et qui, alternativement, m’amuse et me désole de ses sorties médiatiques, je sais que ses baisers de départ ne sont jamais dispensés en vain. Je ne suis pas allé le trouver à la sortie, en signature, je n’en vois pas l’utilité depuis que je lui ai tout dit. Mais en partant, j’ai eu la chance de serrer la main de Fred Jimenez et de faire un signe de remerciement à Stéphane Reynaud. Plus j’avance dans l’expression de mon art, plus ces signes-là me semblent essentiels. Tant mieux. Bientôt vingt ans que je vais voir Murat en concert ; j’ai appris à la radio, hier, qu’il en avait soixante… Pourtant, aminci, les cheveux courts, j’aurais juré, ce soir, dans la lumière bleutée, retrouver la pochette du « garçon qui maudit les filles ». Si Dieu ou qui que ce soit me prête vie et nonobstant la récession, je serai à Bourgoin, pour le prochain concert. J’y retrouverai Jacques et les autres. Quitte à signer encore des PAL.
Bonne nuit.
Laurent Cachard
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Patrick sur son blog Sway Café
http://sway-beach.blogspot.com/
Devoir de mémoir(e)s - JL Murat au Kao de Lyon
Quasi-début de tournée pour l’auvergnat Murat en terre des Gaules. La minuscule salle du Kao était pleine à craquer pour accueillir l’ombrageux chanteur. Les fidèles (dont Barbara) attendaient à la porte dès 18 heures 30.
Son dernier opus "Grand lièvre" se laisse découvrir petit à petit après plusieurs écoutes. La presse nous apprend qu’il a produit plus de 40 titres avant de se décider à n’en garder que dix (plus un somptueux “live” extrait de sa salle fétiche de la Coopé de Mai, à Clermont-Ferrand). La teneur globale est sans doute plus sombre que son (excellent) prédécesseur nashvillien "Le cours ordinaire des choses", comme en témoignent ses récentes déclarations dans les numéros d’octobre de Rolling Stone, Magic ou Serge sur la condition de l’artiste (en avant-dernière position sur l’échelle de vie, avant le gangster !). Des titres entraînants comme Qu’est-ce que ça veut dire, Les rouges souliers ou Vendre les prés masquent en effet des thématiques graves (perte de mémoire, guerre, désertification des campagnes, ...), comme il l’ a fort bien expliqué à Olivier Nuc, le chroniqueur musical du Figaro.
Surprise : une gracieuse jeune fille se présente au public pour assurer la première partie (elle explique que c’est sa première, première partie). Sa voix cristalline, moelleuse,tout en finesse enchanta le public avec des titres comme Red Moon ou Elle aime. Lilimarche est assurément une chanteuse à suivre !
La “vedette” entame son tour de chant en jean et chemise fleurie. On le savait disert sur scène, cela se confirma puisqu’il n’y eut aucun intermède entre les chansons, qui furent enchaînées les unes à la suite des autres. Cependant, plusieurs moments de grâce furent réservés aux fans. Les guitares acoustiques, très présentes sur le disque, n’allaient pas être utilisées ce soir (un trio de grattes resta en souffrance dans le coin gauche de la scène) et Murat préféra faire étalage de sa maîtrise électrique, maniant son instrument comme un yatagan, et fendant l’air du Kao à grandes brassées.
Il interpréta la quasi-intégralité du Lièvre (sauf Je voudrais me perdre de vue) dans l’ordre linéaire de leur présence sur le CD. Ambiances étirées à l’extrême, tempos lents et furieux vont se succéder. Les musiciens se font discrets mais efficaces. Les groupies reprenaient les paroles en choeur, connaissant le nouvel album déjà sur le bout des paroles. Sur Foule romaine, Murat se fend d’un laconique “Vous pouvez chanter si vous connaissez”, ce sera son seul commentaire. Qu’importe, il fit plaisir à ses fans avec Jim (“Entre Prince et Spring, sur le grand domaine, Jim, murmurant, aime en criminel”) ou encore l’explosif Yes Sir.
19 titres, et 1h45 de concert plus tard, c’est un Murat affable et fort en verve qui dédicace affiches, recueils de poèmes et de photos, billets devant des fans conquis. Votre serviteur lui confia que les touches d’orgue de Slim Batteux apportaient un côté “Booker T & The MGs” très agréable à la prestation, avant de demander une dédicace qui déclencha un petit sourire de la part du natif de La bourboule.
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Le CR de RĂ©mi sur le Blog de Pierrot :
Belle soirée ce mercredi 12 octobre au Kao, la salle de la brasserie Ninkasi à Lyon. JLM a fait peau neuve avec une coupe de cheveux rafraîchie façon rocker d'antan, une chemise chic qui va avec, et des souliers fins pour aller faire le beau à la ville. Il a aussi repassé son vieux coupe-chou sur le cuir de sa ceinture, et s'est fait la barbe pour de bon. Méconnaissable, je vous dis ! Le secret de cette métamorphose, c'est surtout le nouveau son de l'artiste et de ses complices, et une attitude résolument rock.
Quand je pense qu'il y a deux ans nous l'avions vu gratter la guitare et souffler dans le biniou tout seul, avec une table de mixage posée sur une toile cirée : "Vous aurez droit à un concert de prolo", avait déclaré JLM à Hauterive, dans le palais idéal du facteur Cheval. Ce soir-là , le prolo avait emmené son public juste sous les étoiles.
Au Kao, nous avons eu droit à une première partie assurée par la jeune LiliMarche, qui s'accompagne au clavier, et chante de petites compositions personnelles acidulées et sans prétention : une belle voix, des textes aux registres variés, et une présence à la fois charmeuse et sympathique. Je suis toutefois insensible aux textes en anglais, donc pas de commentaire sur cet aspect de sa prestation.
Pendant ce concert lyonnais le public a pu entendre tout l'album "Grand Lièvre", et quelques reprises des plus célèbres des compositions anciennes, dont Les jours du Jaguar. Beaucoup de décibels ( les bons !) et beaucoup de jeux de lumières très dynamiques, qui tranchaient avec l'éclairage type usine de sa dernière tournée : au Kao, nous avons retrouvé les riffs stroboscopiques des années psychédéliques. Murat et ses compagnons ont joué avec beaucoup d'énergie et ont fait bouger le public dans cette salle dépourvue de sièges. Le chanteur est au meilleur de son art ; qu'il se confie dans un registre élégiaque ou amoureux, ou qu'il vocifère son incompréhension de la bêtise ambiante, sa voix n'est jamais affadie ni déformée, sachant aussi se mettre à l'unisson de sa guitare.
Après le traditionnel rappel, je me suis précipité avec ma fenotte (ma "chérie", en Lyonnais) sur le stand de Jocelyne, l'infatigable responsable des "produits dérivés". Cette appellation bassement mercantile ne cadre guère avec la démarche du chanteur, mais Jocelyne gère tout cela avec beaucoup de gentillesse et de sensibilité...
JLM est venu, tout mouillé de chaud, signer les albums vinyles et les CD, en râlant que "quand c'est fini, ça continue..", histoire de faire son bougon.
Cecile tend le disque, JLM signe, nous regarde un instant avant de conclure "Allez, bonsoir M'sieu Dame!"
Comme on ne savait pas quoi répondre, on a souri et on est partis. Le lendemain, on souriait encore.
RĂ©mi Bernard.
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Les impressions d'ErMa sur son blog :
C'est au Kao que Jean-Louis Murat avait choisi de faire étape dans le cadre de la tournée de promotion de son nouvel album : "Grand lièvre", que j'avais pris la précaution d'acheter à la FNAC une dizaine de jours avant, afin de bien m'en imprégner.
Le Kao donc : adossé à la brasserie Ninkasi dans le quartier de Gerland, Lyon 7ème, une salle de concert classique et de taille modeste, aux murs totalement noirs, où l'on se tient debout. Étant arrivés de bonne heure, nous avons pu assister de très près (à quelques pas de l'estrade) à la prestation du Maître.
Un spectacle désormais sans surprise dans une salle archi-comble. JLM, jean et chemise noir et blanc, est apparu à l'heure et en bonne forme pour attaquer dare-dare par "Qu'est-ce que ça veut dire", un très beau mélange d'ironie amère et de détachement, typiquement muratien, dans une ambiance rappelant à la fois "Lilith" et "Moscou", et qui constitue pour moi le titre phare de son nouvel opus. Comme le veut la tradition, j'ai pu reconnaître défiler les principaux morceaux de "Grand Lièvre", dont le nonchalant "Je voudrais ne pas me perdre de vue" (au dandysme un peu abscons salué par la rédac' de Télérama), le très lyrique "Alexandrie", le pastoral "Vendre les près", dénonciateur de l'exode rural auquel est naturellement très sensible le pâtre auvergnat, puis une version rutilante des "Rouges souliers".
Est venu ensuite le temps des reprises avec une petite frustration quand même : l'auteur est si fécond et prolixe, son oeuvre si vaste (un album par an minimum depuis quinze ans) qu'il est difficile de trouver dans les choix faits pour une soirée de ce type une adéquation parfaite avec les morceaux que l'on aurait aimer voir jouer, au premier rang desquels je placerais "La chanson de Dolorès", "Se mettre aux anges" ou encore "La mésange bleue" (liste bien entendu non limitative). Mais qu'importe... Dans la demi-douzaine de titres à la tonalité résolument rock, qui tranchait avec le son plus soft de ses albums studio, j'ai noté une version de "Jim" de la même facture que celle de "Muragostang" et un titre très fréquemment recyclé : "Foule romaine", sans doute parce qu'il permet de faire monter l'ambiance en s'assurant de la participation du public lors du refrain.
A la fin, la température avait singulièrement monté, le public dansait, sur ma droite je voyais deux nanas qui chaviraient en regardant le Maître avec adoration. Après le traditionnel rappel, JLM est revenu sur scène en lançant des baisers à la foule avant de disparaître définitivement dans les coulisses.
Les portes se sont ouvertes en libérant la fraîcheur. Ouf ! Une partie du public faisait la queue pour la séance de dédicaces annoncée par l'affiche placardée à l'entrée de la salle. Devant nous un pré-ado accompagné de ses parents disait : "Papa qu'est-ce que tu vas bien pouvoir faire dédicacer, vu que les disques tu les as déjà TOUS ?". Ça m'a fait sourire. En rentrant (à pied... quel bonheur !...), les oreilles encore bourdonnantes dans la fraîcheur du soir, longeant le restaurant le "Carnegie Hall" installé à la place des anciens abattoirs, je me suis rappelé que les disques de Jean-Louis Murat, moi aussi je les avais TOUS !
http://britedevil.over-blog.com/
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Grand Lièvre tour