Date :
29 novembre 2006
Ville :
Reims (51)
Salle :
La Cartonnerie
Les avis sur ce concert
« Comment allez-vous ? (….) Vous avez bu avant de venir ? Je vous sens flappi. Pourtant, on est mercredi, vous n'aviez pas école ». Premières paroles du chanteur, après une heure de concert.
J'ai souvent pensé que Jean-Louis Murat était plus intéressant dans ses interviews que sur ses disques, y révélant une vivacité d'esprit que je n'arrive pas à retrouver dans ses compositions. Ce concert ne m'aura pas démenti. Jean-Louis s'y entend autant pour balancer des vacheries que pour endormir un public.
J'étais venu pour le voir, au moins une fois, sur scène. Jean-Louis Murat, c'est un peu le Robert Pollard (*) de la chanson française, soit une tête de con et beaucoup de disques. Les têtes de cons qui sortent beaucoup de disques, ça se respecte. Ca ne se respecte pas en citant leur nom dans des conversations, non le respect, ça se pratique. Et en l'occurrence, ici, ça veut dire honorer l'artiste encore vivant, encore en exercice, en écoutant ses disques, en allant le voir en concert. Au moins une fois, pour préciser son image dans notre imaginaire.
J'ai chez moi deux disques de Jean-Louis Murat. Lilith et A bird on a poire. J'aime beaucoup A bird on a poire. C'est fin, distrayant, avec plusieurs chansons qu'on peut se surprendre à siffler dans la rue. Un bijou. A bird on a poire est une collaboration avec Fred Jimenez et Jennifer Charles. Avec Lilith, qui est du 100% Jean-Louis Bergheaud, j'ai plus de mal. Il y a quelques bons titres, mais peu de surprises.
Quelques bons titres, mais peu de surprises, c'est aussi mon avis à la fin de ce concert rémois. Cela commença avec Taormina et Caillou, deux titres extraits de son dernier album en date sorti à la fin du mois d'août. Pour les interpréter, Murat était accompagné de trois musiciens, un batteur Stéphane Reynaud, un bassiste David Forgione et un clavier Michaël Garçon. Discrets, ils n'étaient vraiment là que pour accompagner et mettre en avant Murat et sa guitare. Michaël Garçon, par exemple, n'intervenait que par de simples nappes, parfois à peines audibles, dans un style rappelant Pink Floyd et Dire Straits.
Au moins ce dispositif scénique, m'a permis de découvrir les talents guitaristiques de Murat. On m'a dit que son jeu s'inspirait fortement de Neil Young. Peut-être… Moi, j'ai trouvé que le Jean-Louis avait une touche bien personnelle et qu'il mettait des délicatesses et des perversions d'amant dans sa manière de tirer des sons de sa guitare.
Sur les premiers titres, j'étais captivé, mais à la longue, j'avais le sentiment de tourner en rond, autant pour ce qui concerne la musique, que pour les paroles. J'ai eu l'impression que les textes ne se rapportaient qu'à une seule et même chose: le sexe des femmes. J'ai dû mal comprendre, mal interpréter les nombreuses métaphores bucoliques. En tout cas, pendant une heure et demi, j'ai cru que le Jean-Louis de sa voix grave me commandait d'aller fouiller dans un buisson d'amour, tout en m'intimant une certaine retenue. Pendant une heure et quarante minutes, précisément, or je n'ai pas tant d'endurance, ni de discipline.
Je suis donc sorti fourbu de cette épreuve. Je me suis bien amusé pendant Parfum d'acacia au jardin et Le cri du papillon, mais pour le reste, je me suis plutôt ennuyé… Trop peu de montées de sève.
En ouverture, Major Deluxe, de Belgique est parvenu à faire taper dans ses mains le public "flappi" avec de gentilles chansons en anglais. Ils étaient cinq, dont un pianiste qui s'appelle François-George. Il y avait un autre, Ludovic qui intervenait à la trompette, un peu comme sur Forever changes de Love, un groupe psychédélique américain des années soixante. Une autre indication qui vous aidera: le chanteur avait les pieds nus.
* Robert Pollard est l'une de mes icônes rock. Il est américain, est âgé de 49 ans et a sorti six albums cette année.
Bertrand (www.concertandco.com)
Taormina tour