Date :
21 juillet 2010
Ville :
Carcassonne (11)
Salle :
Festival de la Cité
Les avis sur ce concert
Trompe l'amor (sur le site de La Dépèche) :
Alors comme ça, il paraît qu'il est arrivé hier après-midi en maugréant. Et de prévenir, sourcil ombrageux sur regard de glace : pas de rock festif en première partie, il déteste. Bingo ! Camille Sol n'a rien de festif. Non, franchement, ce n'est pas l'adjectif qui le caractérise. « Plombif » serait plus approprié si cela existait. Alors comme ça, donc, tout le monde était hyper attentif, hier. C'est que Jean-Louis Murat est réputé pour son exigence, son caractère en acier trempé et ses coups de gueule intempestifs. Franchement, on s'en tamponne qu'il ne soit pas poli - il a commencé sa prestation sans piper mot, le nez rivé sur sa guitare mal accordée - qu'il ne dise rien entre chaque morceau, à part un « merci » qui traîne en langueur de matou ou le prénom de ses trois excellents complices, Denis Claveizolle aux claviers, Stéphane Reynaud à la batterie et Fred Gimenez à la basse. On s'en contrefiche « Car tout est baratin/luisant d'humidité/une rivière dans la gorge ». Aux instruments, ajoutons la voix de Murat. Un timbre de chat abyssin qui feule, cajole et gronde. Un grain explosif, éruptif comme le crescendo de ses rauques ballades somptueuses, brillant des derniers feux de l'automne, comme un fuck à l'agonie ou à l'amour qui s'étiole. Oui, on s'en moque éperdument car le bonhomme, oscillant de nonchalance en jeu hérissé, galope au son d'un blues qui affole et se cabre pour mieux nous susurrer les amours trouvères, le désir et la mort en traître. Éros et Thanatos en embuscade, dans la brume électrique. Ah ! Et cette garce de pluie, tombée au bout d'une heure, nous privant de rappel…
C. S.-B. http://www.ladepeche.fr/article/2010/07/22/877591-Carcassonne-Trompe-l-amor.html
======================================
Cours ordinaire Tour