Date :
7 avril 2010
Ville :
Clermont-Ferrand (63)
Salle :
La Coopérative de Mai
Les avis sur ce concert
Excellente chronique du concert de Clermont par Pierre Andrieu sur Concert & Co :
http://www.concertandco.com/critique/jean-louis-murat-the-delano-orchestra/critique-concert-1-33545.htm
=======================================
Je suis encore sur mon petit nuage après le concert de Clermont, hier soir.
La setlist a changé et j'attends les Clermontois pour tenter de la reconstituer.
Je suis entré dans le concert avec Pauline, un truc dément. Et puis impossible de décrocher tellement c'est bon et puissant (sauf Yes Sir que j'ai trouvé très plat alors que la salle était en transe). Je rappelle que le dernier bon concert pour moi date de la tournée Muragostang.
Désolé d'être si concis, je voulais vous donner un avis en passant avant de partir au boulot, et faire un coucou et un appel à l'aide aux Clermontois.
LoĂŻc
======================================
Tout à fait d’accord avec le ressenti de Loïc, et avec les remarques du compte-rendu de concertandco. Vraiment un très bon concert, qui change enfin des dernières tournées. Les arrangements pour la scène sont très bons, Taormina par exemple est méconnaissable. Même les lumières étaient réussies. Bémols sur le peu de communication, les claviers un peu lourds sur les morceaux lents, l’inédit « oiseau de paradis » pas au niveau, et « lady of Orcival » et « M maudit » qui n’ont pas été jouées.
Olivier
=======================================
Une 1ère partie d'une petite heure avec « The Delano Orchestra » (2 guitares, basse, batterie (Christophe Pie que l'on trouve habituellement aux côtés de JLM) violoncelle, trompette) Le groupe a joué l'intégralité de leur futur album prévu pour octobre.
Alexandre (?) en plus du chant, alterne guitare électrique et guitare acoustique, et malgré sa fragilité apparente est très présent sur scène.
Les mélodies sont belles, parfois déchirantes, mélancoliques, sombres, intimistes et parfois plus "pechues" avec à chaque fois, cette voix, peu sûre, fragile qui fait ressortir une sincérité dans l'interprétation des morceaux. Ce fut pour moi une belle découverte, même si sur certaines mélodies, le blues m'a enveloppé.
Vers 21 h 30, arrive celui pour lequel nous Ă©tions lĂ : Jean-Louis Murat.
Accompagné par Fred Jimenez à la basse, Stéphane Reynaud à la batterie et Denis Clavaizolle aux claviers. Du beau monde sur cette scène de la grande salle de la coopérative qui n'a pas manqué de me rappeler le premier concert de JLM auquel j'ai assisté en 2005.
Côté détail vestimentaire, JLM était vêtu d'un jean et chemise deux tons de bleu (plus exactement fond mat et motifs satinés)
Le concert commence par les morceaux du dernier opus : Le Cours Ordinaire des Choses.
Puis quelques morceaux d'albums plus anciens, que je n'avais, jusque là , jamais entendu sur scène
Sa Télécaster était sa compagne pour la soirée puisque tous les morceaux ont été joués avec elle. L'harmonica avait également sa place sur quelques chansons.
C'Ă©tait un Jean-Louis Murat peu loquace, mais que l'on devinait ĂŞtre en accord total avec ses musiciens et avec ses chansons. On pouvait sentir que certaines venaient vraiment du fond de ses tripes.
Il a également su donner une dimension différente à certaines d'entre elles : « Se mettre aux anges » avec une interprétation électrique très réussie, par exemple.
« Oiseau de Paradis », « Le Train Bleu », une version « rock » d'une chanson de l'album « Charles et Léo, « L'examen de Minuit « furent de très belles et bonnes surprises.
Le concert a duré deux heures. Deux heures de bonheur passées à la vitesse de l'éclair.
L'air de Clermont réussit à l'auvergnat : c'était un très bon concert qui renoue avec l'ère d'avant Taormina, Tristan, Charles et Léo.
Je ne peux qu'espérer une date en région Rhône Alpes...... Pourquoi pas à l'automne ?
Merci Monsieur Murat,
Mercis Messieurs les musiciens,
pour cette prestation réussie.
Durant deux heures, nous étions à l'abri du monde extérieur, et c'était bien !
April Blue (http://aprilblue.over-blog.com/)
===================================
6h 30 le 7 au matin , le jour n'est pas encore levé et pourtant ,je sais déjà que ce n'est pas un jour ordinaire ...
Début d'aprem : immersion dans l'univers de Jean Louis , départ pour Roche-Charles, Murat en boucle dans la voiture , les virages défilent à grandes vitesses sur les petites routes sinueuses qui mènent à la chapelle et que je connais par coeur.
Toujours autant de frissons quand je pénètre dans ce lieu, petit salut à mes ancêtres qui reposent dans le petit cimetière de Roche-Charles. visite de ce lieu à nul autre pareil . Chut ... Il faut reprendre la route , passage par Compains.
Fin d'aprem , la pluie tombe sur Clermont , il est l'heure de partir pour le concert. Devant la coopé encore peu de monde, il est tôt. Rencontre avec des muratien(ne)s , les portes s'ouvrent , les gens rentrent et cela dure comme cela pendant une petite heure, ce n'est pas un flot continu, mais les gens arrivent en petits groupes.
Je rentre dans les derniers, la 1ère partie est déjà bien entamée. J'aime beaucoup les morceaux rythmés, par contre dès que le chanteur (à la personnalité certaine) reprend la guitare acoustique, j'ai l'impression qu'il nous ressert à chaque fois le même morceau ...
Enfin c'est l'heure du concert attendu, Jean Louis arrive avec ses musiciens. Bonjour et hop ça démarre, les titres du dernier album s'enchaînent, un merci entre chaque chanson. Notre Jean Louis est très classe, très concentré et nous fait de très belles interprétations. (j'arrive même à accrocher sur Taïga...) Le public est attentif , il écoute ...
Puis changement : 16 h, Jean Louis sonne le réveil !!! ça déménage et comme par magie, les gens commencent à bouger dans la salle, c'est pas la folie, mais cela ne va pas les quitter jusqu'à la fin du concert !!!
Moi , j'm'éclate en chantant les morceaux que je connais par coeur, la guitare de Jean-Louis m'hypnotise autant que le stroboscope présent sur scène.
Puis c'est le rappel, un beau final sous les applaudissements, mais c'est fini ... pour cette fois, vivement mon prochain concert de JLM, car pour moi celui-ci ; un Murat sur ses terres , c'était un concert Extra pas ordinaire qui a modifié le cours des choses pour cette journée du 7 ...
imassu
==================================
Le compte rendu de Pierre, sur son blog :
(http://surjeanlouismurat.over-blog.com/article-mon-compte-rendu-de-clermont-48331717-comments.html#comment59766504)
Jeudi 8 en avril, 1h30 du matin : Jocelyne rejoint l’hôtel en face de la coopé. Deux olibrius discutent encore sous la pluie de « Mlle Personne », de Manset, de Muray et de la malle du grenier. Moi, j’ai mon blouson et deux bornes à pied pour rejoindre l’hôtel, Mathieu est en tee-shirt. Est-ce que Murat vaut vraiment la peine qu’on s’attrape une crève ?
Mardi, c’était une douce chaleur, le soleil tapait fort sur la dent de la rancune, et 30 cm de neige sur mes pieds mouillés me conduisent à rebrousser chemin. Col de la Croix Morand en blanc. Excursion au Mont-Dore. C’est fou le nombre d’hôtel dans ce bled. Quel ennui… Je remonte vers le lac de Servières, où s’ébrouent des pêcheurs à l’air mouche (n’importe quoi). J’en fais un petit tour, enfin, le tour complet. Puis, visite à la Lady, malgré l’heure tardive, la basilique est ouverte dans un Orcival endormi. Entre Tuilière et Sanadoire, j’aperçois la Laurada auvergnate. Je me dis que c’est bête que les Alpes n’ait pas un chanteur comparable…. Moi, c’est les cimes et les abruptes que je recherche, même en Auvergne... mais un fond de vallée n’aurait pas donné un Murat. Pas une question de force tellurique, ni de volcans tout ça… quoique… mais ici, les horizons s’ouvrent, vers des multiples ailleurs. C’est une terre de landes propre à la divagation… Enfin soit… j’ai tellement randonné, randonné mes méninges, que je mérite mon assiette de charcuterie.
Elle me cale juste suffisamment pour bien entamer une belle potée auvergnate. Bouffer un demi cochon moi… Résultat : malgré ma promenade digestive au bord de la Dordogne, et ses flots déversant des ions sur ma bobine, je dors mal !
Lendemain, temps maussade.
Trop, pas assez : finalement, pas de ski. J’ai envie de calme.
Retour au lac.
Je file à travers champs. Je laisse Pessade à droite, et j’atteints encore une fois un tapis de neige de printemps... Un chevreuil file devant moi. C’est bien joli mais j’ai encore les pieds mouillés. Mince Murat ! Au mois de Juin pour Koloko, c’est trop tard pour les narcisses, et là , c’est trop tôt, pas même une jonquille, ou un crocus. Si, un… Allez, zou, faut se préserver pour le soir !
Quelle horreur de redescendre… Des feux, des bouchons. Faut pas dire que Jean-Louis est de Clermont, lui ne le dit pas. Des fois, il dit juste.
Ah, des amis !
19h45 : les quinquas et quadra font la queue. Une dame en déambulateur. Ce soir, c’est Jean Sablon ?
La salle mettra du temps à se remplir car c’est la grande ! Je n’avais encore pas franchi cette porte.
Zak Laughed se pointe. –alors, Zak ? une référence Murat ? - C’était mon père qui écoutait, et j’aimais pas… Et puis à force… J’aime beaucoup le dernier album, Mustango et le Moujik … et puis, il y a Denis avec lui (NDLR : son producteur) ». Il a eu un concert annulé faute de combattants le week-end prédécent : si jeune et déjà frappé par la crise… C’est pas grave, il lui reste le lycée demain…
Je vois aussi aller de droite à gauche le chanteur des Delano. Il apparaît plutôt stressé et préfère circuler, même quelques minutes avant de monter sur scène, plutôt que de se manger les phalanges en loge ou d’être avec ses musiciens.
Je demande à Jocelyne si un Koloko est programmé. Apparemment, c’est prévu, mais pas en juin.
Allez, premier round. Les Delano Orchestra, avec Pie aux baguettes.
Certains morceaux enlevés sont très réussis, avec des parties musicales quasi-Curesque. Loin du folk auquel j’avais un peu limité le groupe (du fait du nom du label -Kütu Folk). Le violoncelle, la trompette donnent une belle couleur… mais plus difficile à la longue d’accrocher aux parties spleenétiques. J’avoue avoir pensé « trop de pathos » mais je m’en suis voulu quand Christophe Pie me dira qu’Alex chante des choses très intimes, et qu’il était prêt de pleurer à la sortie de scène… Oui, mais voilà , il écrit en anglais… Dommage, dommage pour moi. Malgré tout, ça promet un bel album. Bonne chance à eux. Il semble qu’ils feront quelques festivals cet été mais en collectif « Kutu folk ».
Et voilà Murat. Belle chemise, beau jean, Je le trouve en forme et portant son âge avec élégance, et un embonpoint maitrisé.
Il dit bonsoir…et ça démarre sur Ginette Ramade. En douceur. Mésange bleue. En douceur. Avec un beau final, et un sacré feeling à la guitare. C’est beau, c’est propre, assez carré. Un merci après chaque chanson, mais pas question d’ouvrir les yeux.
Je trouve Taïga presque yeye par moment. Un petit solo quand même. On est dans un beau bleu (blues quoi !), avec une guitare émouvante et expressive, alors que Jean-Louis Murat finit par une douce incantation « tombe neige », « tombe neige »… qui m’apparaît toutefois être un contre-sens…
La salle est attentive, concentré.
Morceau plus rock : « Pauline à cheval », Pauline à cheval est un dieu léger…. Est un dieu discret… rendez-vous en forêt ». Je repense à la photo du chevreuil grâce à laquelle le film est annoncé… et je me dis « ça colle ». Un titre assez réussi.
Puis, c’est 16 heures. Là , c’est parti ! J’adore… mais la suite retourne dans le bof. Pas de Cherie, pas d’Emilie Loizeau (c’est lui qui avait lancé la rumeur lors du tchat sur linternaute.fr), ni même de micros… tant pis on fait avec ce qu’on a… pour Denis ou Fred… pour ajouter un peu de chœur… Oui, c’est Falling in Love un peu à plat… Ca tombe bien car en descendant du cœur, on trouve « Mousse Noire »… et enfin, on peut entendre ce riff avec toute l’énergie qu’on devinait sur disque, et à peine esquissée sur la tournée solo. Beau texte sur lequel Jean-Louis peut s’amuser et accompagner dans son chant une musique très réussie.
« chanter est ma façon d’errer »… Même constat que sur les autres ballades du Cours Ordinaire des choses. Il manque quelque chose, et les claviers de Denis ne rajoutent rien. Je me demande si le clavier ne l’oblige pas à être plus cadré, et du coup, à moins se laisser aller à l’improvisation, avec ses bons et mauvais côtés. J’aimais bien moi les longues intros, même si Murat ne retombait pas sur ses pattes, où il se laissait vraiment aller. Par contre, on évite cette fois que Jean-Louis Murat ralentisse les rythmes des chansons, notamment celles normalement enjoués, et qu’il étire un peu inutilement les titres.
Viens ensuite Taormina, un titre qui arriverait à faire peur à un Jaguar, ou du moins, le remplace plutôt bien… avec des effets lumières en kaléidoscope du plus bel effet. C’est le seul moment à mon avis où l’on remarque la lumière.
Sur sa lancée, ah, enfin, une belle lancée !, c’est «yes sir ». Ca déménage… Faut dire que même en solo, cet inédit fonctionnait plutôt bien.
Après ces deux titres bien enflammés, Jean-Louis prend sa serviette, et s’éponge durant la seule chanson, où il lâche la guitare : Oiseau de paradis. Je pensais à un inédit… mais mince, ça date de Polly Jean… J’ai très rarement écouté ce disque un peu expérimental ou qui m’était apparu comme une blague. Manset a écrit une chanson portant ce même titre, mais je vois qu’il existe aussi une chanson de Trenet (1952). Ca relève plus du Jean Sablon dont a parlé Dominique A. Jean-Louis Murat croonant… mais qui n’ose pas aller jusqu’au bout de l’interprétation : sa serviette restera sur scène, et ne sera pas lancé au public. C’est un détail, mais à mon sens, ça aurait fait la différence sur le titre et pour la suite.
C’est le rappel. Le public applaudit gentiment mais ce n’est pas du délire.
Le train bleu roule à un train d’enfer (à la Taormina), mais l’émotion n’est pas trop entamée. J’attendais ce titre avec impatience : C’est peut-être ma préférée de l’album grâce auquel j’ai découvert Murat et il me renvoie certains souvenirs… Ce « train entre Lyon et Genève », il m’est arrivé de le prendre « le cœur meurtri d’idées noires ».
LĂ encore, mĂŞme constat, la guitare de Jean-Louis fait merveille.
Et que dire de « se mettre aux anges », dont il me semblait pourtant, lors des précédentes dates qu’il chantait sans guitare… Ce soir, elle est bien présente… et remplit de beaux préliminaires tendres et fiévreux.
Petite mort, et c’est « le cours ordinaire des choses »… là , encore, sur un tempo très rapide. Peut-être un peu trop finalement. Mais c’est plutôt sympa d’écouter une vraie surprise d’orchestration.
Ensuite, beau final sur les « voyageurs perdus » et « l’examen de minuit ».
Applaudissements nourris, mais les lumières se rallument.
Alors, oui, un petit concert... même s'il n'était pas si court que cela. Manque « m maudit » qu’on nous annonçait comme réussi, et « tige d’or ». Pas non plus de « Philomène », ni de « saurais-tu par cœur ? ». Dommage.
Jean-Louis Murat n’aime pas jouer à Clermont. Avec ses amis, sa famille. On apercevra à la sortie Marie Audigier, Laure Bergheaud, Caillon, mais point de Jean-Louis, ni des ses musiciens. Ils jouent le lendemain à Alençon et ça fait une tirée.
Je discute un peu avec Christophe Pie, qui est fier de la musique des Delano… et c’est à juste titre… Et alors que les portes se ferment, j'entame une discussion avec une personne que j'avais remarquée à la carte blanche de Lyon. Celui qui avait osé titiller Murat sur la posture/imposture. Excellent connaisseur, et c'est moi qui me sent finalement comme un imposteur, mais il m'encourage pour mon blog. Je le remercie içi. Et moi, je suis même pas tombé malade...
Pierre
Cours ordinaire Tour