Date :
16 novembre 2010
Ville :
Nantes (44)
Salle :
La Bouche d'Air
Les avis sur ce concert
Vu par le journaliste de Presse Océan :
(http://www.presseocean.fr)
Vu Ă Nantes : Jean-Louis Murat sans faille
"Bon, c’était pas le concert du siècle de Murat, ce mardi soir à Nantes. Dans une salle (Paul-Fort) pleine à craquer, soit 500 spectateurs, le chanteur aux cheveux longs et à la dégaine « cool-campagne » a pioché dans son impressionnant répertoire. De « Chanter est ma façon d’errer » à « Pauline à cheval », il a assuré le set sans faille. Sans faille et sans émotion palpable, c’est peut-être ça qui pêchait au fil d’une brochette de morceaux distillés comme on enfile des perles, un soir de spleen. Il manquait ce petit truc indicible qui fait la différence. La voix est toujours là , le son aussi, cet univers à lui qu’il a su bâtir au cours d’une vie d’artiste. Au rayon causette (brève), il a indiqué qu’il y avait de la neige en Auvergne et que sa fille avait une gastro.
Au chapitre « Murat l’impulsif », selon la direction de la Bouche d’Air, le chanteur a piqué un coup de sang en apercevant un homme battre une femme sur le trottoir en arrivant à Nantes. Du coup, il est descendu de sa voiture pour calmer l’histoire. Du Murat pur jus.
On allait oublier de citer la reprise magistrale de « L’examen de minuit » de Léo Ferré (tiré de l’album Charles et Léo), dont nous tirons cet extrait : « Nous avons blasphémé Jésus/ Des Dieux le plus incontestable/ Comme un parasite à la table/ De quelque monstrueux Crésus/ Nous avons, pour plaire à la brute/ Digne vassale des démons/ Insulté ce que nous aimons/Et flatté ce qui nous rebute ». Une perle arrivée un petit peu tard, c’était la dernière chanson mais c’était bon quand même.
Stéphane Pajot
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une chronique sur www.pulsomatic.com :
Le cours ordinaire des tournées
En cette pluvieuse soirée de novembre, rendez-vous est pris avec l’irascible mais talentueux Auvergnat, salle Paul Fort, pour un concert de fin de tournée afférent au dernier opus, le brillamment nashvillien Le cours ordinaire des choses.
Pas de première partie, mais une salle comble, acquise à la cause muratienne : le public boit littéralement les paroles du troubadour entouré des habituels Fred Jimenez à la basse et de Stéphane Reynaud à la batterie. On a le plaisir de retrouver le sympathique complice des débuts, Denis Clavaizolle, aux claviers.
Le set fait la part bel à l’album en cours (pas moins de sept titres dont les impeccables Ginette Ramade, Taïga, La mésange bleue ou Falling in love again mais également un des titres les plus anodins, 16 heures…). Parfaitement interprétés par un Murat très en voix, le concert s’enchaîne sans temps mort mais aussi sans réelle passion ni échange avec le public, pourtant prêt à célébrer son idole. Des « Jean-Louis, on
t’aime ! » fusent ici et là … Murat a su limiter sa propension à tartiner ses morceaux de solos envahissants et ce retour à une certaine sobriété est assez heureux.
Voyageur aguerri de son propre univers, Murat délivre des versions subtilement revisitées de grands titres comme Se mettre aux anges (de Lilith) ou – seule « vieillerie » de la soirée – une superbe interprétation de Le train Bleu (de Dolores) et parvient même à nous faire aimer Taormina, pourtant peu convainquant sur disque. Auteur prolixe et généreux, il nous gratifie même de deux inédits, Yes Sir (assez brouillon) et Quelle encre tire de ma bouche ces invincibles vérités (inspiré).
Sans doute conscient de son manque de chaleur, Murat se lâche un peu à la faveur du premier rappel en déclarant qu’il ne se passe rien de fabuleux dans sa vie, à part une sorte de cours ordinaire des choses : les soucis du boucher, au village, le fils de tel autre artisan qui a encore planté une voiture, ou le fait que, les gamins ayant choppé une gastro, le premier étage de sa maison de Douharesse, à Clermont, « sentait la merde dans tout le premier étage » quand il a quitté son domicile le matin même…
Finalement, le point d’orgue de la soirée est atteint à l’occasion de l’ultime rappel où Murat a délivré une poignante version de L’examen de minuit, issu de son disque d’adaptation des poèmes de Baudelaire par Ferré.
Lionel Delamotte
Cours ordinaire Tour