Date :
25 juillet 2009
Ville :
Hauterives (26)
Salle :
Palais idéal du facteur Cheval
Les avis sur ce concert
En Dauphiné, il faisait moyen ce samedi... et puis, le temps s'est dégagé.... Hauterives est en Drôme, oui, mais à la limite des terres froides, notre petite sibérie iséroise... enfin, c'est ce qu'on dit... Ma foi, faudrait prévoir sa petite laine...
Nous profitons d'une table de pique-nique sous les yeux des baigneurs rentrant de la piscine.... et d'un chanteur auvergnat qui promène sa fille... Nous le saluons gentiment de loin en dégustant des mets auvergnats et de la gentiane… Faut se mettre dans l’ambiance ! Nous entendons un moment plus tard la balance vite balancée… en quelques minutes.
A l’intérieur du jardin du palais, une petite scène sur le côté, deux projecteurs… le strict minimum… à côté un palmier, un vrai, alors que derrière, le palais est ornementé de faux palmiers, entre autres mille et un motifs inventés par le facteur. Ils nous permettent d’attendre le concert dans la contemplation… J’estime la composition du public d’un tiers- moitié ?- d’adeptes (beaucoup de lyonnais dont les chanteurs Stéphane Pétrier du Voyage de NOZ, et Romain Lateltin), l’autre partie d’un public local.
Le concert commence un petit peu après 21 h (alors que la petite laine est déjà endossée)…
JLM arrive de l’intérieur du palais, un petit bonjour… oriente vers les places libres les derniers arrivants… « bon sang, d’habitude, vous êtes dans le noir, comment j’vais faire… ». Sa fille est assise au pied de la scène au côté d’Alain Bonnefont…. Et puis il se lance sans surprise sur « mousse noire ». Grave guitare et harmonica. Intro de plusieurs minutes. Jean-Louis rentre dans le rêve, comme dirait le tôlier du lieu…et c’est vrai, qu’il se tournera régulièrement pour regarder le décors (mais il ne se lancera pas dans des commentaires circonstanciés). Excellent morceau… joué peut-être de manière plus dynamique qu’à Koloko… mais sur pas loin de 10 minutes déjà … qu’il finit sur un accord brutal… il s’en amuse un peu : « Un peu brutal ici… un concert brutal… ».
L’hermine… Comme sur « mousse noire », un peu d’écho donne de la profondeur… j’adore sa voix qui passe du susurrement au cri, comme sa guitare douce puis rageuse… leave me alone… on est en plein dans la lycanthropie… il finit la chanson en hurlant à la lune (heureusement, il n’y en avait pas cette nuit là )…. Il ne faut alors pas s’étonner de « l’amour prend la fuite »…. La chanson est plus calme… « rumeur de fin d’été »…. Sous la petite laine…. La fraicheur remonte du sol en terre battue… Venus apparait juste au dessus de la scène… La mise en lumière du palais est simple, mais c’est beau… quand retentit « caillou », on pourrait sentir vibrer les milliers de galets réunis par le facteur Cheval… Jean-Louis fait un solo de guitare magnifique au milieu de la chanson… Non, ne pleure pas, Caillou, on t’aime… Rien que pour cette chanson en ce lieu, ca valait le coup de venir…
Dame Souveraine, avec un magnifique harmonica introductif qui a tendance à réveiller le grillon… qu’on n’avait pas entendu encore… Du Murat au jardin, sous les étoiles, c’est parfait… les « Où es-tu amour ? ou es-tu amour ?… » désespérés s’envolent….
Toujours pas de surprise à l’horizon par contre… car c’est « l’au-delà » qui se pointe… joué très lentement… et JLM ne fait pas appel au public.. Par contre, il siffle très longuement (plusieurs minutes) et c’est assez superbe… des oiseaux de paradis chantent avec lui (toujours avec de la réverb)… la chanson se termine sur une ultime incantation chamanique : c’est un son de djidjiridou qui sort de la voix de JL (avec un effet sonore sans doute)… superbe…
JLM reprend la parole… et présente Vincent le régisseur, le cousin de Tom Boonen… puis nous dit que c’est son dernier concert… « C’est pour ça que je suis venu avec ma famille. A l’école, Justine elle a répondu à la question « qu’est ce qui fait ton papa ? » il aide maman à faire le ménage ! »… « c’est pas mal ici pour un dernier concert » « j’fais mes adieux à la scène comme Johnny ». Didier au lumière…. C’est rare qu’il présente ses techniciens… Au son, Berthin ? « qui a tué plus d’un chanteur » (balavoine, bashung…ils les a tous sonorisés), Alain B. aux guitares… et même Jocelyne (sa confidente qui va lui manquer), Europ car pour les voitures… J’ai l’impression que personne ne le croit vraiment… mais ça fait quand même un peu peur…
Ensuite « ma première vraie chanson »… il explique que c’était sa chanson de la dernière chance, presque sa chanson d’adieu… et que c’est donc normal qu’il la chante ce soir : « si je devais manquer de toi »…. Il l’expédie rapidement…
Je décroche un peu sur la suite… J’ai froid. D’ailleurs, JLM renvoye sa fille au chaud… On m’a dit qu’elle était toute pomponnée, et une petite guitare rose était à ses côtés… Avait-il prévu de la faire monter sur scène ?…. Cela m’étonne un peu…J’espère qu’elle n’est pas trop déçue…
« Taormina » … assez peu enlevé… et « tel est pris »…. Bon, j’l’aime pas, j’l’aime pas… même les concerts ne me l’ont pas fait aimé…surtout là , sur une version mollassonne…
Petite pause pour allumer à ses pieds un pupitre avec le texte d’un inédit… ca sera « yes sir »… qu’il donne l’air de connaître parfaitement…. Et il réveille un peu l’assemblée avec un intro assez binaire et efficace, puis des cris, et des riffs rageurs… « c’est ma vie une vie de terre et d’eau »… Là , encore, les mots résonnent dans ce lieu… Sans doute le morceau le plus rageur de la soirée…
Murat demande l’heure… « encore 5 minutes, des problèmes avec les voisins »…. Royal cadet est la chanson la plus simple et douce de la soirée, sans changement de ton… et j’ai l’impression que tout le monde tombe encore sous son charme…
Après, on a droit au délire de la soirée… délire acerbe... « Le titre du nouvel album est modifié : maintenant, c’est Michael Jackson is alive and well in Douharesse »… « A Universal, on m’a dit d’aller sur twitter, ca va cartonner…je ne sais pas qui c’est ce Twitter mais il achète pleins d’albums… » . Puis, il parle du groupe qu’il aurait eu avec Alain « les Billie Jean boys » en 1983 (Mitterrand 1) et leur version d’une demi heure de Billie Jean…
Finalement retentit « comme un incendie »… mais c’est un faux départ… il part sur une impro sur « Michael Jackson is still alive…in Douharesse… yes you can »…. De plusieurs minutes… « après y a un rap tout ca, un passage sur Lewis Caroll, j’espère que ca va marcher…Sur twitter, je m’appelle : casser la baraque, yes I can.. »… et s’en va !!!! On a rigolé… mais… quelle frustration de ne pas avoir l’original !!
Il revient finalement… « ma chanson testamentaire »…. Cette fois, c’est la bonne… mais sans l’énergie qu’il avait mis à koloko… J’attendais un feu d’artifice, ou un bel incendie…mais il semble que Jean-Louis a déjà atterri… pas de redécollage…
Il salue rapidement… et c’est la fin. Beau succès je pense… sans délire non plus…ni standing ovation… Dommage de ne pas avoir eu de surprise… On me dit qu’il était peut-être fâché de devoir terminer le concert du fait des voisins… mais je n’ai pas eu cette impression. D’ailleurs, c’est de derrière la scène que la consigne a été donnée de rallumer le jardin… Il aurait pu revenir pour un autre rappel.
……………
On croise Jean-Louis Murat rapidement… mais il ne réapparaitra pas : il est parti coucher sa fille qui a bien eu du mal à tenir debout. J’espère qu’elle est fière de son papa..
Finalement, c’est Marie Audigier que nous croisons, et échangeons quelques propos très aimables. Elle a adoré le concert, a été très émue. Comme on le voyait venir, beaucoup de com est prévu sur l’album, et le film… teasers etc…. Selon elle, c’est un album magnifique, le plus beau depuis des années… et nous révèle le secret du spleen de JL ce soir.. Il ne veut jouer l’album qu’avec les musiciens US…or, leur prix est prohibitif…
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : acheter deux, trois ou quatre exemplaires de l’album… afin d’en faire un grand succès… et de rendre une grosse tournée possible… Yes, we can !! … Bon, il vous faudra alors acheter 3 ou 4 places de concerts aussi…
Pierrot
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Un CR sur "le blog de Sybille" :
Hey les carpes,
Savez quoi ? J’ai un scoop. Un gros. Un drôle. Un chouette :
«Michael is alive and well in Douharesse».
C’est pas de l’info AFP, hein, entre nous c’est plus de la galéjade auvergnate qui court par-delà les volcans Volvic jusqu’au dernier concert solo de Jean-Louis Murat.
Blague à part, le vieux briscard n’a pas hésité à sortir un peu du Cours ordinaire des choses – cet énième album prévu pour la rentrée – pour imaginer Bambi courir peinard dans la prairie, retraite franchouille avec Jean-Louis dans son bled de Douharesse. Bon, à vrai dire, je ne connaissais rien de Douharesse ni du nouvel album de JLM jusqu’à samedi, jusqu’à ce que ma cop’ Magali Brénon, en grande spécialiste de l’artisan stakhanoviste, me sorte de ma bleusaille novice.
Nous voilà donc à Hauterives, ce 25 juillet, dans le cadre idéal des Musicales Du Palais. Le dernier concert de Murat seul sur scène, avec pour seule compagnie une guitare 12 cordes et un harmonica, semble rapprocher l’auteur du Cours ordinaire des choses de ses héros ruraux, tous les pionniers du Tennessee qui, comme lui, sont passés par la mythique Nashville pour enregistrer leurs purs produits «made in country».
On pense à Neil Young quand le troubadour auvergnat chante «L’amour en fuite» en dénudant Tristan de ses ritournelles médiévales, pour n’en garder que les vers souverains ; on se dit aussi que Joan Baez n’est pas non plus très loin de cet «Incendie» qui partage sur le futur album le même guitariste (Dan Dugmore) et le même pianiste (John N.Hobbs) que la vieille folkeuse de Diamonds & Rust.
Surtout, on se dit en découvrant le ménestrel de «Caillou» chanter en osmose devant ce Palais Minéral, que Jean-Louis Murat, fils de la terre et du travail solitaire, aurait pu partager à cent ans près ces quelques vers de Ferdinand Cheval : «Fils de paysan, je veux vivre et mourir pour prouver que dans ma catégorie, il y a aussi des hommes de génie et d’énergie.»
http://www.pressionlive.com/blog/concertations/murat-en-son-palais.html
Tristan tour