Date :
24 septembre 2008
Ville :
Bourgoin-Jallieu (38)
Salle :
Théâtre Jean Vilar
Les avis sur ce concert
La brume s’est levée enfin dans mes terres iséroises, je file le cœur léger vers la capitale.
J'attends mais pas de JLM : l’équipe va manger sans lui, Alain Bonnefont commente : « maintenant, le sort en est jeté »
3 ou 4 fans assidus me rejoignent devant la porte. Peut-ĂŞtre discuterons-nous une autre fois ?
La salle se remplit rapidement. On est au théâtre, on nous remet un programme présentant Murat où on apprend plein de choses approximatives…genre : JLM a joué de tous les instruments sur Tristan, et une ligne plus loin : qu’il a invité pleins d’amis à l’accompagner sur ce disque…
Tout le monde est là : M. le maire La cote à Lourdes (comme aux abattoirs la fois précédente), son adjoint à la culture qui ne fera pas son dodo (peut-être les berjalliens comprennent), le chanteur du plus grand groupe lyonnais (Voyage de NOz, http://www.noz-online.com/) et même Madame Collagène- mabouche meprécèded’unmètre-, oui, c’est une soirée de gala….
Les dernières personnes s’assoient alors que JLM commence… (pas de première partie –Racine-comme initialement annoncé)…
De noir vêtu, avec une tunique, de maquignon ?, cheveux longs et barbu ; la tension est palpable, guitare 12 cordes…harmonica très souvent et une chaise. Et une lampe en forme de… allez, de virus de sida…lampe nord africaine avec une ampoule rouge… Quelques jeux de lumières par ci par là (une ombre de vitrail), un peu de fumée… l’essentiel n’est pas là …
Jean-Louis est tellement tendu qu’il se plante un peu sur Mousse noire… mais petit à petit il s’installe. Après le concert, Marie Audigier dira que le set aura commencé sur « Brûle moi », première surprise d’un set qui n’en manquera pas… L’au-delà et le jaguar, taormina, caillou, sur lequels Jean-Louis ne fait pas l’impasse n’ont rien à voir avec les tournées précédentes et on est de nouveau ravi de les découvrir.
Quelques impressions physiques de Neil Young (quand il se penche sur sa guitare, les cheveux sur les yeux), et de Willy Nelson –la barbe blanche- plus tard, on a beau chercher des références, il faut bien se dire qu’on a là un artiste à part… n’hésitant pas à délivrer un set exigeant, et sans facilité, malheur à ceux qui pensaient se détendre lors d’une soirée feu de camp…. Notamment sur le morceau très long (royal cadet ?) fait d’un accord ou deux… où le temps s’arrête…
Jean-Louis Murat se détend enfin…et nous parle… du grand classique (les collègues y passent : Bénabar, Souchon, Ségolène et le traiteur intraitable et le rugby…)… si bien qu’il a parfois du mal à se reconcentrer… « soit je ne parle pas, et on me traite de prétentieux, soit je parle, je passe pour un demeuré… »…. Mais il a besoin d’évacuer la pression… « ah, ca va mieux, parce que la première fois, ce n’est pas évident »…
Le souvenir qui me restera sans doute : la chanson-prière pour ses enfants que tous les parents feront leur… et qui finit de me décider : ma fille à naitre se prénommera Corina* (Lilith)…
Presque deux heures de set plus tard, pari gagné… Marie A. qui l’a vraiment poussé à faire cette tournée, exulte… Elle explique que traqueur, JLM a beaucoup travaillé pour la préparer mais qu’elle était sûr que ça marcherait…
Pierrot
* JLM m’apprendra après que « corina corina » vient d'un album de Taj Mahal
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Je reproduis ici mes impressions d'avant et après concert; j'attends avec impatience la set-list, que j'ai demandée au roadie mais elle était annotée... Dommage!
Heureux également, puisque ça a été évoqué, d'avoir pu rencontrer et discuter avec Stéphane Pétrier, des Noz, ex-Voyage de Noz, un groupe que j'allais voir quand j'étais lycéen...
Je serai à Aubenas et St Etienne, c'est sûr, maintenant.
Dixième concert de Jean-Louis Murat ce soir, pour moi, et toujours autant d'excitation à l'idée de revoir un artiste pour qui j'ai une admiration sans bornes: pour ses textes, pour sa démarche artistique, pour l'enflure dont il sait faire preuve dans des émissions qui n'attendent que ça pour prétendre s'en offusquer après...
Murat en concert, c'est à chaque fois un saut dans le vide, jamais deux fois la même impression... Du coup, je ne projette jamais rien, j'y vais, c'est tout. Evidemment, s'il lui prenait l'idée de chanter le lien défait...
(...)
Superbe surprise, ce soir, avec une configuration plus que minimale puisque Jean-Louis était seul sur scène, avec une chaise, une guitare et un harmonica !
Tendu pour sa première, conscient que l'exercice est casse-gueule ("Mes amis m'ont dit guitare-voix, t'en as pour une heure, maxi, et encore, 52 mn, la durée d'un format télé!"), Murat s'en est tellement bien sorti qu'il a rajouté une difficulté supplémentaire, s'il en fallait une de plus: une set-list ébouriffante puisqu'aux trois quarts composée de morceaux dits secondaires, quasiment jamais joués sur scène. De "Dolores", par exemple, il ne jouera que "Brûle-moi"; de ses anciennes chansons, celles du "siècle dernier", pas un de ses standards, mais de petites pépites extirpées de l'oubli. Pas assez au fait de ses vieux albums pour savoir lesquelles : ma muratologie n'est plus ce qu'elle était. Superbes versions de "Ami, Amour, amant", du "Jour du jaguar", de "Se mettre aux anges". Des morceaux de "Tristan" qui gagnent à l'épure acoustique. Bref, il eût suffi qu'il rajoute "le lien défait" pour que je demande la nationalité burgalienne (?)
Superbe concert. Pas dans le regret 1998 ni dans l'apothéose 2004, mais superbe concert. Avec des concepts que ne comprendront toujours pas ceux qui ne l'ont jamais vu ("la gonzessification de la société", les "souchonades" etc.), mais, comme il le dit lui-même, "si je ne parle pas, on dit que je suis prétentieux, si je parle je dis des conneries!".
Parle, et chante, Bergheaud. La prochaine fois, je serai encore lĂ .
Nizanien
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Première date pour cette tournée Tristan de JL Murat en solo
Les 279 places du théâtre Jean Vilar sont vite occupées.
Sur scène : 1 chaise en bois style bistrot, une guitare électro acoustique 12 cordes (Takamine), une tablette où repose l'harmonica (ou les 2 ?) de JLM, au sol : pédales, enceintes....
Déco sobre, très....
une suspension en forme d'étoiles aux pointes multiples et parfois de la fumée qui.....puait !
On attend patiemment et très sagement avec en fond sonore l'excellent album de son ami Alain Bonnefont :-)))
JLM arrive tout de noir vĂŞtu, une chemise de bougnat (?), barbe de quelques jours..... les cheveux un peu longs..... s'installe sur la chaise, commence Ă gratter sa 12 cordes, salue les retardataires.....
et commence :
Intro longue puis :
Mousse Noire
L'hermine
L'Amour en fuite
Brûle-moi
Caillou
Chante Bonheur
Taormina
Dame Souveraine (?)
L'au delà (super génial !)
La Légende Dorée
Tel est pris
Royal Cadet (magnifique !) Merci à mon voisin de gauche a qui j'ai demandé :-)))
Je ne saurais dire ce qui me plait (?)
Les jours du Jaguar
Rappel
Ami, Amour, Amant (Ah lalala Ă©motion....)
La prière
Les voyageurs perdus (super !)
VoilĂ pour la set list.
Quelques blablas de JLM sur Chirac, le traiteur sponsor de l'équipe de rugby.... sur « Ségolène » qui est le nom du chien de la propriétaire de l'hôtel où il logent.....
Les morceaux sont tous joués à la guitare et parfois l'harmonica vient accompagner
Deux heures plus tard les lumières se sont rallumées à la fin de « Les voyageurs perdus »
Le public s'est levé pour applaudir, saluer JLM.
Quelques personnes du 1er rang lui ont serré la main.
Impressions personnelles : je crois que je vais encore une fois, être trop enthousiaste et probablement manquer d'objectivité....
Bref..... j'ai beaucoup aimé ! Ce concept de scène était totalement nouveau. J'ai toujours vu JLM en concert accompagné par ses musiciens.
C'était audacieux de mélanger d'anciennes chansons, peu ou pas interprétées en concert (Royal Cadet..) aux nouvelles de Tristan.
Le « mélange » était parfait.
J'ai l'impression que JLM était un peu tendu, tout au moins jusqu'à la moitié (?) du concert. (j'ai un peu perdu la notion du temps)
Je crois qu'il s'est « senti mieux » après son blabla :-)))))
A « jeté » son harmonica ou le support (ou les 2), les capodastres...
L'exercice n'était certainement pas facile, seul, une guitare, assis, un public assis aussi, sage (un peu trop) réservé.... difficile de bouger et de crier lorsque l'on est assis, et puis ce n'était pas dans l'esprit du concert ;-)
Certaines intro étaient longues (ce n'est pas négatif) et parfois il était difficile de savoir ce qui allait en sortir :-)
J'ai trouvé que c'était un « très bon » concert. Nouveau par rapport aux derniers concerts auxquels j'ai assisté.
J'ai demandé à mon voisin de gauche qui me semblait être très fan et surtout très connaisseur de plus longue date que moi, ce que lui en avait pensé.
Il a apprécié et n'était pas déçu ; il trouvait que JLM interprétait toujours la même chose depuis 3 ou 4 ans et que là c'était différent.
Si cette tournée était un challenge et bien c'est réussi !
Et pour terminer, j'ai très envie de retourner voir JLM sur cette tournée !
Et MERCI Ă Jean Louis, Ă son Ă©quipe (Marie, Alain.....) pour ce moment de bonheur !
Aprilblue
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Je ne vais pas vous faire le mĂŞme compte rendu que Pierrot, il Ă©tait parfait ; je vais juste vous faire part de mes impressions.
J'éprouvais de l'appréhension, je ne me l'explique pas, pour lui, pour moi, une boule au creux de l'estomac,comme si je m'habillais de sa peau ; seul, première tournée, premier album ; je n'aurais pu encaisser les départs avant la fin,les commentaires excessifs et discourtois pour la performance etc....
Départ de Grenoble,18h15;comme je ne peux conduire la nuit,trop risqué,70 km,grande distance pour quelqu'un qui vient d'obtenir son permis,mon compagnon a jugé bon de m'accompagner ; je travaillais ce jour et je serais en retard, je le savais.
Arrivée à Bourgoin, plus de 19h, un dernier verre avant d'accéder au théâtre ; difficile à trouver d'ailleurs, la ville de Bourgoin devrait faire un effort ; mon compagnon se ferait un restau ou un ciné (..il n'a pas trouvé de ciné au faite, donc restau..) et viendrait me récupérer.
Et j'ai aperçu cette foule qui s'étendait à perte de vue, effet d'optique, sans doute, car habituellement une dizaine de personnes attend pour un concert de Murat, même à cette heure ! C'est loupé, me suis-je dit ? Je serais mal placée. J'essayais de repérer des têtes connues, aucune, mais je remarquais un étrange personnage, une femme blonde dont j'ignore l'identité, Pierrot ne s'est pas trompé sur la description, je l'affirme; mon imagination se remet à faire des siennes,comme c'est une soirée tristanesque, elle jouera peut être le 'fou du roi',du roi généreux de Cornouailles 'Marc', s'entend ! Je souris à cette évocation...
Je m'impatiente, 20h, 20h10, on ne rentre toujours pas,c'est long.
Top départ, la queue commence à se mouvoir et miracle, il reste quelques places au premier rang, c'est un signe; et juste devant la scène ; ou je distingue le micro, la chaise et la guitare (ou le luth), qui l'attendent ; 3 places sont retenues, je m'installe donc à coté de celles-ci, accompagnée de ma sœur ; je demande aux personnes alentour, si je peux déposer mon sac pour retenir les places inoccupées par les retardataires, on plaisante un peu...
On nous a distribué, à l'entrée, une petite biographie de Murat que je lis sur un ton ironique et drôle, histoire de passer le temps ; les retardataires arrivent,on plaisante de nouveau... et tout à coup ,la lumière s'éteint. Une lumière douce la remplace, le décor est posé. Un homme apparaît sur scène,cheveux mi-long, barbe très apparente, je dirais même,hirsute; vêtu, je pense,du costume traditionnel du paysan auvergnat, tunique sombre, très longue, double boutonnage qui lui arrive au dessous des genoux ; il ne manque plus que les sabots ; je pense à un ermite ; j'ignore pourquoi mais j'ai beaucoup de mal à le reconnaître.
'Bonsoir' voix grave, il s'assoit, prend sa guitare,lève la tête ; et... c'est bien lui, le regard clair ne trompe pas et après...après...il règne un silence de mort, la voix qui s'élève au timbre singulier, unique; l'émotion qui submerge, le répertoire entrecoupé de plaisanterie ; c'était magique, j'avais la curieuse impression de me retrouver prisonnière, consentante, cela va de soi, coincée dans un espace temps ; au XIIème,XIIIème siècle en train d'écouter de la tour, les sérénades d'un troubadour ; pas 'Charles d’Orléans', ni 'Raimon de Miraval'; juste Jean Louis Bergheaud ,dit 'Murat'.
En ombre chinoise, derrière lui, un décor de cathédrale ; des vitraux ou les fenêtres d'une forteresse ; se détachaient sur des murs bleutés, qui renforçait mon impression d'un jour qui décline pour laisser place à la naissance du crépuscule; une lampe déposée à même le sol, à l'éclairage diffus , fut vite remplacée par la lumière vacillante des bougies, (mais cette image, c'est mon imagination).
Je voulais qu'il ne s'arrête jamais de chanter, le temps paraissait suspendu, il aurait pu chanter toute la nuit, j'en suis certaine ; les gens semblaient hypnotisés, chuchotant à peine ou clamant un 'Jean-Louis' furtif. Moi, j'étais aux anges, subjuguée, transportée dans cette époque bénie de l'amour courtois, les chansons se succédaient, intemporelles ; et quand la lumière fut, je me suis retrouvée dans un XXIème siècle trop soudainement ; quelle déception! il serra quelques mains et partit.
Je restais un long moment à regarder cette silhouette disparaître dans cette espèce de trou noir, béant, qui venait de l'engloutir ; une porte du temps, peut être...
Malheureusement, je ne pus rester, je sais que Pierrot a discuté avec lui ; pour cette fois encore, je manquais de chance et je pensais à Marie Laure; j'aurais vraiment apprécié de discuter ce soir là avec cet homme, ambiance trop magique,sans doute, il fallait bien que je me réveille et je suis partie,m'engouffrant rapidement dans la calèche, tirée par quatre chevaux.
Sur le chemin du retour, j'entendais encore la voix, se perdre en écho, de ce chevalier, esseulé, clamant sa peine et son amour perdu; levant les yeux au ciel, tournant le dos au mur du château, ou se détachaient dans l'ombre crépusculaire, les fenêtres de la chambre de la belle.
Oui, c'était bien Tristan,ce soir; et non Jean Louis Murat; pari gagné.
Certains soirs ,il m'arrive d'entendre encore, le galop d'un cheval qui s'Ă©loigne dans la nuit,et je pense Ă ce 'sir Bergheaud', errant ,en partance pour d'autres croisades amoureuses.
Mon imagination me joue souvent des tours mais pour un homme intemporel, il fallait bien un récit intemporel.
Rhiannon-Luna
Tristan tour