Date :
4 novembre 2006
Ville :
Tulle (19)
Salle :
Des lendemains qui chantent
Les avis sur ce concert
03 nov. ; 2006. Périgueux (24) « Le Réservoir »
04 nov. 2006. Tulle (19) « Lendemains qui chantent »
Promesse tenue Ă Tulle pour le JLM !
Récit d’une petite immersion dans le Taormina Tour lors des concerts de Périgueux le vendredi et Tulle le samedi.
Chaque concert se tient dans un lieu estampillé « salle musiques amplifiées ». Outre la salle de spectacle, chaque lieu propose un bar « éphémère ». L’ambiance y est conviviale et tranquille. C’est d’abord le moment d’aller saluer Jocelyne sur son stand Tee-shirts et autres
affiches.
Nous entrons dans une petite salle de jauge 500 personnes environ. La salle aux trois-quarts emplie présente une respectable hauteur de plafond accueillant généreusement toute la technique lumière et son, procurant ainsi une grande ouverture de plateau. Pour la proximité avec l’artiste, placé à 3 mètres du monsieur avec la guitare, c’est dire. L’éclate ! Lors du concert à Tulle, nous avons choisis de suivre le spectacle, appuyés contre les barrières de
la régie.
L’heureuse tradition des premières parties se perpétuant dans nos campagnes, nous faisons connaissance avec « Lady calling » à Périgueux et de « Caillon » à Tulle. Une voix, une guitare, des pédales d’effets. Une fille, un garçon, les deux convaincants, présents… Ces deux là sont bons… à découvrir et à suivre…
Une petite pause changement de matériel. Nous avons bu une petite bière au bar de la salle de concert, 2 € la pression, très bonne. Le Truc excellent pour se préparer à écouter un bon vieux concert. A chacun sa trilogie ! J’aime assez la « Concert, Télécaster, Bière ».
De retour dans la salle, le public est là , tranquille. Le calme règne à la régie, ça discute… Et alors…. le noir se fait. De l’obscurité côté jardin, apparaît un grand escogriffe rigolard en jean et chemise noire. Légèrement penché en avant, il s’avance, l’oeil complice brillant comme l’acier, sourire aux lèvres, il adresse des deux mains levées, le v de la victoire aux premiers rangs, en guise d’amical salut.
Accrochée à son cou, une Télécaster noire irradie; à ce moment là tu n’es que regard... La plaque d’acier des potars, les clefs au sommet du manche de la Télécaster et l’œil du garçon brillent du même feu …
Les mains se posent sur l’instrument, la gauche enlace le manche pendant que la droite caresse un bouton. D’une tranquille demi-rotation il embrasse du regard chacun de ses musiciens et blaouffff…… Le premier accord…….. !!!!!!!... !!!!.. !!!! !! … !! .. !!! Bouf ! Là , tu n’es plus qu’ouïe. ! !!! ! !! !!!! Le son ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Immédiatement là , maintenant, tu ne veux plus que jamais ça s’arrête, toujours du son comme ça, ta vie entière……. Les accords s’enchaînent, faciles, gracieux, puissants, caressants…
La nouvelle formule rythmique Stéphane/David Forgione emporte avec aisance et élégance. La mise en place, donc le son, donc le groove, donc le plaisir …Ces deux musiciens apportent une chaleur humaine communicative dans cette nouvelle formation. Authentiquement nouvelle au sens où Stéphane a endossé un nouveau costume au sein du groupe. Mieux exposées sur scène, sa présence tout en force tranquille, la beauté visuelle et sonore de son jeu portent ses camarades.
David est un p….. de bassiste, chaleureux, doté d’un son … La précision jouant une jazz basse…
Michaël Garçon, le nouveau clavier, enveloppe le tout du velours saillant aux meilleures scènes. On devine le garçon doué, il le confirme par une discrète présence mêlée de respect et d’admiration pour le chanteur du groupe. Il est d’ores et déjà à classer parmi les bons claviers… (dans l’univers Muratien c’est un pléonasme, on est d’accord !) Les trois apparaissent unis et heureux de l’être.
L’homme à la Télécaster noire, porté par ce trio imparable, est au sommet de son art. Le chanteur est magnifique, magique, le guitariste est….la guitare ! L’homme doit être heureux.
Et puis il y a ces morceaux, cette musique, ces mots….… Un univers à arpenter sans cesse…
Le tout délicatement mixé et habillé par l’ultra compétence technique des régies sons et lumières. La régie son est gracieusement à la hauteur de la qualité son des cd’s. Habituel dans les concerts Murat, certes, mais il est toujours bon de le rappeler. Ras le sonotone du son pourri lors de certains concerts. Merci à tous ces gens.
Une autre tradition étant d’entendre des morceaux totalement réarrangés, ces artistes nous offrent quelques petits bijoux (si je devais manquer de toi, version du Jaguar au concert de Périgueux, Démariés, la fille du capitaine.). Le concert est un bonheur de « pur moment rock and roll »
On dit parfois et même souvent le monsieur doté d’un sale caractère. Il apparaît ici détendu, heureux, tout prêt à partager ce plaisir unique qu’est la musique sur scène, sans artifice inutile, sans ego déplacé, dans ces conditions privilégiées que sont ces petites salles de concert.
Détendu, le Murat du Taormina Tour a même blagué assez longuement, réagissant à un petit incident, rarissime lorsque l’on connaît la précision du batteur, à savoir la chute d’un pied de cymbale puis de deux lors d’un morceau joué à Périgueux.
Il se montre également attentif à la « pulsation » du public. Ainsi Périgueux et son public plus réactif s’est vue recevoir cette nouvelle « vision » bluezy du « jaguar » en guise de rappel, alors que le public de Tulle applaudissant mollement les musiciens s’est vu affublé d’une cinglante réplique sur le ton du questionnement : « … Y’s’ont invité un club de manchots ici ou quoi ? » Public mes amis, lâchez vous un peu que diable. Je suis bien conscient qu’il est parfois difficile de réagir lorsque l’on navigue dans la félicité mais quand même !
Une horrible faute de goût toutefois dans ce concert, la seule fausse note en quelque sorte :
Ne pas avoir joué « L’heure du berger » Ah ! quel sale caractère ce Murat !
16 morceaux plus tard, délicieusement k-o debout, tu te demandes béatement pourquoi la musique cesse sur un plateau devenu obscure pendant que la salle se rallume. Toi t’étais là pour la nuit au minimum.... même que, s’il fallait revenir demain, tous les jours, ne plus jamais partir, t’étais d’accord, tu signais … tu exigeais de signer immédiatement, de suite même…
Qu’importe, marchant hébété vers un vague souvenir de véhicule, tu sais déjà qu’il y aura d’autres petites salles, d’autres bières et d’autres concerts… à l’heure du berger !
« Rêver pour l’hiver »
Taormina tour