Date :
27 octobre 2006
Ville :
Hérouville-St-Clair (14200)
Salle :
Big Band Café
Les avis sur ce concert
Murat faisait donc escale ce vendredi à Caen dans la salle de concert du Big Bang Café à Hérouville Saint Clair. Après le mythique (ma première fois ) concert dans la salle de théâtre G. Brassens période Murat Live et le Zénith de Caen période Muragostang, Murat trouve dans cette salle la dimension et l'ambiance rock intimiste qu'il lui permettra, je l'espère de se lâcher.
Une première partie est assurée par un groupe local Bézo, chant/guitare , bassiste, clavier/violon, batterie et une jeune fille magnifique au choeur (j'aurais d'ailleurs bien aimé l'entendre un peu plus...). Dans l'ensemble c'est plutôt réussi, avec une bonne complicité entre clavier et chant ( ils écrivent probablement les morceaux ensemble). Bonne chance à eux.
Après 20 mn, début du Taormina tour.
Entrée de Stéphane, David et Michael qui débutent l'intro de Taormina. Jean-Louis entre 2 minutes après, chemise et pantalon noir , Catter aux pieds, cheveux long sur le dessus et barbe blanchie de quelques jours, lui donnent une silhouette svelte et classieuse. Après la promo parisienne toujours éprouvante pour lui, le brenoï a donc retrouvé des forces...
Donc, longue version de Taormina très appréciée, enchaînée par un Caillou avec saturation guitare à la fin du morceau, à noter que quelques accords guitares ont été remplacé par le clavier de Michael... donc bon début...
Plus calme ensuite avec un superbe Démarié cool version avec piano et orgue version Murat plein air...très réussie, enchaînée avec un Est ce bien l'amour chantée avec application, voix limpide et claire très agréable. Viens ensuite une version de La fille du capitaine qui nous rappelle que la mort est peut être très présente sur Taormina mais aussi sur le choix de la play-list du concert.
Puis arrive un des grands moments du concert qu'est la version de Si je devais manquer, très swing, avec une prodigieuse envolée à la guitare...il n'est pas dur de dire je t'aime... Plus calme est Le désert avance et Maladie d'amour joués ambiance NY club avec Murat en cri à la fin pour Le désert.
Le parfum est salué en intro par des applaudissements, pas mal pour un titre extrait d'un DVD et preuve donc qu'un grande partie du public sont des fans et pas des curieux qui viennent découvrir l'animal.
Le concert avant rappel se termine sur 4 titres de Taormina et Moujik avec L'amour qui passe (lascive à souhait), le chemin des poneys (chanté par rapport à l'album en débutant par le complet ...peine d'amour, peine toujours...), Foule romaine (Murat invite le public sur fouuuule et rooooome) puis fin sur l'heure du berger. Bye bye ...rappel...retour ...
Jean-Louis revient seul, pas complètement détendu et je pense énervé par un énergumène demandant par 2 fois Jeanne la Rousse et répondant à Murat une connerie sans nom...
(Aparté, j'en ai un peu marre à chaque fois qu'on considère un concert comme un disque à la demande et des cons qui se croient malin en criant qu'il s'ennuient qu'ils se barrent, point.)
Bref, la fin du concert est un peu moins réussie sans doute à cause de nous, car il enchaîne à la guitare en solo, Au dedans, Foulard et l'Au-delà sans réelle conviction...je trouve...
Puis nouveau rappel, retour des 3, puis fin sur 2 morceaux très réussis le Cri et forcement Le Jaguar avec un solo de Murat sur Jaguar PRODIGIEUX d'ailleurs applaudi pendant le morceau.
Voilà on essaie en vain un dernier rappel mais quelques signes de l'assistant vers les lumières nous indiquent que c'est FINI.
Je reste quelques minutes sur la scène juste le temps de voir sur la play-list des musiciens que Le paysage aurait du être joué entre le Cri et Le jaguar... C'est vrai avec Murat, le public se doit d'être bon aussi... Bref, je me consolerai probablement avec le classique concert parisien que j'aime toujours faire en plus d'une scène de province.
Merci de m'avoir lu.
Jérôme
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Sentiments mitigés à la sortie du BBC d'Hérouville St Clair. Murat a livré un concert de bonne tenue mais sans parvenir à susciter l'enthousiasme chez un public que Jlm qualifia, à juste titre et un brin moqueur, de "réservé". Il fallut attendre l'enchaînement toujours efficace "L'au-delà - Libellule", en fin de concert, pour voir tomber les résistances normandes.
Jlm avouait à Caen une certaine lassitude, après "3 semaines de tournée" (le 1er concert de La Couarde, c'était il y a 10 jours seulement, même en comptant avec les répétitions sur l'île de Ré, le temps lui a semblé long !). Et la difficulté à trouver le lieu du concert n'avait sans doute rien arrangé à son humeur maussade.
J'attendais avec espoir et curiosité le Taormina tour. Espoir car pour moi, la formule trio avait trouvé ses limites, jusqu'à cette forme d'épuisement que fut le Moscou tour. Curiosité avec l'arrivée des deux AS Dragon, David Forgione et Michaël Garçon, pour un retour, attendu par beaucoup, des claviers chez Murat.
Avec le Taormina tour, on parlera plutôt d'évolution que de rupture. La tonalité musicale reste celle des derniers albums, dans lesquels la setlist pioche presque exclusivement. Grâce à son CR, Jérôme m'évite le titre par titre. Le premier beau moment du concert arrive avec la très belle version de Démariés, toute en fluidité grâce à la batterie de Stéphane et au charmant phrasé de clavier de Michaël, la mélodie est superbe, JLM est de velours. Superbe.
Je ne m'attarderai pas sur les titres downtempo (Et le désert avance, La maladie d'amour), ce n'est décidément pas le Murat que je préfère en live, c'est lent et mou, mélodies cotonneuses, ça plombe un peu.
La fille du capitaine est charmante, superbement chantée, l'accompagnement des claviers est étrange, joue sur une autre tonalité, version intéressante mais peut être aurait-il fallu aller plus loin, façon Les hérons du Mustango tour.
Je passe directement au second grand moment du concert, "Si je devais manquer de toi", dans une version toute en accélération progressive parfaitement maîtrisée. Une cure de rajeunissement bienvenue pour cette rescapée des années pré-Lilith.
Avec l'amour qui passe, Murat met à contribution le fidèle Dominique, responsable du son : écho et reverb à profusion, cette chanson mériterait un tempo plus soutenu et surtout un meilleur traitement que ces gimmicks sonores souvent entendus chez Murat ces dernières années. Une constante : il est dommage que Murat choisisse souvent de ralentir le titre de ses morceaux en live.
La délicieuse Foule romaine est l'occasion pour JLM de donner une leçon de chorale au public normand, qui confond les "fouououles" et les "fououououles" romaines. Et Murat de battre la mesure au refrain pour aider les aspirants choristes. Le chant de Murat est parfait sur ce refrain. "Comme on aime...".
L'heure du berger a droit au même traitement en accélération progressive que "Si je devais manquer de toi" mais sans atteindre la même réussite. Murat se lâche à la fin du morceau, abandonnant la belle sobriété vocale avec laquelle il semble avoir renoué pour cette tournée.
Le moment de la causerie muratienne sera bref, JLM essaie d'appater le public en demandant "Et vous voulez qu'on parle de quoi ce soir ?" mais les caennais ne sont pas d'humeur frondeuse. Murat fera juste une allusion au maire de Tulle, François Hollande, rebaptisé le Prince consort (il y a peu, JLM l'appelait encore "Cécilio", rapport à la Cécilia de l'autre...), Hollande raillé pour avoir nommé la salle de spectacle de sa ville "Des lendemains qui chantent" ! Nul doute que les habitants de Tulle, où JLM se produira le 4 novembre, auront droit à quelques grands moments de vacheries muratiennes sur le couple Royal.
Je passe rapidement sur les morceaux joués par Murat en solo au rappel, à ce moment on s'achemine doucement et sans grande conviction vers une fin de concert un peu mollassonne, mais le groupe revient pour un Cri du papillon égal à lui même, habituel moment d'échange avec le public.
Comme souvent, Murat sait conclure ses concerts en beauté. L'intro de guitare du Jaguar est absolument ravageuse et Murat la conclut à genoux. Le Jaguar en live est d'une efficacité redoutable, porté par un Stéphane Raynaud déchaîné. Superbe conclusion.
Alors d'où vient ce sentiment d'inachevé ? Sans doute d'une trop grande prudence sur le plan musical, liée au manque d'expérience commune du groupe. J'ai souvent observé Michaël au cours du concert se tournant, interrogateur, vers David et semblant guetter les consignes. Murat est assez imprévisible pour ses musiciens et l'osmose ne peut se trouver en quelques jours de répétition. Et il faut bien relever qu'aucune complicité n'a semblé transparaître entre Murat et ses nouveaux musiciens, avec lesquels les échanges sur scène ont paru se limiter au strict utilitaire. Il n'y a d'ailleurs pas eu, à Caen, de présentation des musiciens. La setlist semble assez constante depuis le début de la tournée, aucun inédit (où sont les "Chanson de Dolorès" et "Washington" du Taormina tour ?) et le meilleur titre de Taormina, "Accueille-moi paysage", semble le plus souvent laissé de côté. Pas même un "Gengis", qui aurait permis à Jlm de troquer, le temps d'un titre, sa guitare pour un clavier.
Nul doute que La Cigale parisienne sera en gros progrès par rapport à ce concert caennais, le groupe aura quelques dates supplémentaires derrière lui et cette salle réussit toujours à JLM. Mais il ne m'étonnerait pas que le printemps nous révèle le vrai potentiel de cette tournée Taormina.
Marc
Taormina tour