Date :
15 avril 2005
Ville :
Liège (BEL)
Salle :
Centre culturel d'Ans-Alleur
Les avis sur ce concert
Hier soir prestation ‘avec public debout’ à Ans/Alleur (Liège quoi...)
2 heures de bonheur ! Pas la totale extase (sauf sur l’Au-delà pour ma part, qui m’a collé ce sourire irrépressible et stupidement béat que j’aime tant ressentir en concert), mais bien du plaisir.
Parce que ce type est quand même bien balèze. Qu’il a une voix et des qualités vocales et une maîtrise (que ce soit dans les timbres ou la justesse) qui sont d’une classe supérieure. Parce que même un concert d’une qualité ‘normale’ de JLM, ça reste plusieurs crans au-dessus de bien d’autres. Ne fut-ce que par ce talent qu’il a de revisiter et réinventer ses propres morceaux et de les adapter à son humeur et à la configuration utilisée selon les concerts.
Bon ok, je ne suis pas toujours sensible à son côté « guitar-hero », mais il assure ;-)
Comme dans les autres concerts, le blind-test sur les intros aurait été d’une certaine difficulté, mais c’est très amusant en même temps (sauf peut-être l’intro de Jeanne La Rousse qui m’a semblée un peu longuette). Bonne version de Jim bien surprenante.
Pendant tout le concert, alternance de puissance, de sensualité et de douceur. Utilisation récurrente de 1451 (pas encore déballé, shame on me!) pendant les intros ou des passages instrumentaux. Non JLM n’est pas un magicien qui sait à la fois chanter et jouer de l’harmonica (au début ça fait un peu bizarre cette « double prestation simultanée » mais on s’habitue rapidement ;-þ).
Un Papillon un peu longuet, mais stimulé par la réaction enthousiaste du public ;-))) Pas de Jaguar (bien que répété à la balance selon nos espions). Et un « Ce qui n’est pas donné est perdu » à se choper la chair de poule pour finir en beauté.
Malgré quelques « à poil » du public (c’est chaud des Liégeois LOL ! bien qu’il paraît que certains bruxellois du premier rang... oups j’ai rien dit!)
Bref, je m’en vais acheter ma place pour Bruxelles et tester cette (dernière ?) tournée en version assise...
Sylvie
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On en a dit des choses sur cette tournée. Du bon et du mauvais. Après le concert de Liège, cela ne m’étonne pas vraiment, tant il est vrai qu’un tel concert peut partager les avis.
Je m’explique. De tournée en tournée, les talents de guitariste de Murat ne font que croître. Il y trouve très clairement son bonheur, qui se traduit par d’interminables introductions et une évidente complicité avec Fred qui lui ferait parfois oublier qu’il a quelques centaines personnes en face de lui... Pour qui aime observer le jeu des musiciens, c’est fascinant, mais je peux comprendre que cela tende à énerver un public plus intéressé par une communion avec l’artiste (chanter avec lui, taper dans les mains, etc.) que par une démonstration de sa maîtrise technique. Le fait qu’il faille attendre les trop entendus Au-delà et Papillon pour que naisse cette communion en laissera plus d’un sur sa faim. En ce qui me concerne, je m’en serais bien passé (surtout du Papillon) au profit de quelques morceaux bluesy jamais joués sur scène, comme ceux qui clôturent Lilith.
Et cela nous amène au second point de friction: le choix de la setlist. J’ai personnellement bien accroché aux interprétations des extraits de Moscou, qui ont occupé une place non négligeable dans ce concert. Seule Jeanne le rousse m’a déplu, mais je n’aime de toute façon pas les chansons de Béranger. Au moins ai-je échappé à l’Almanach, que j’aime encore moins. L’absence des cordes n’était, à mon sens, pas gênante, dans la mesure où JLM réinterprète totalement les morceaux et parvient à les habiller avec sa guitare et les extraits de 1451 qu’il y balance avec sa pédale à effets. Il s’en sort en fait nettement mieux qu’avec les extraits du Bird, peu convaincants lors de la tournée précédente et carrément oubliés cette fois-ci (pas sympa pour Fred, mais bon...). Le problème vient plus des autres chansons qui ont, je crois, déjà toutes été jouées lors des tournées précédentes. Certes, les interprétations sont à chaque fois différentes, mais on pourrait s’en lasser. Ce n’est pas encore mon cas, car j’aime m’imprégner encore et encore de ces versions live qui ne sortiront jamais sur CD, mais du coup on ressort de la salle de spectacle avec un petit goût de trop peu, et on se prend à regretter les deux tiers de Lilith qui ne connaîtront jamais la scène en dépit de leur potentiel énorme, et on jette un regard plein de nostalgie sur la discographie oubliée.
C’est peut-être ça, finalement, qui manque à cette tournée: des surprises, comme ces Margot et Sentiment nouveau revisités à l’automne. Si je devais comparer les deux tournées en quelques mots, je dirais qu’à l’automne JLM s’est offert comme jamais, utilisant sa guitare pour porter et transformer des chansons qui n’attendaient que ça, alors qu’ici on a l’impression que ce sont ses chansons qui servent d’alibi à sa guitare et son attitude ressemble plus à un dernier geste de défi avant l’extinction finale. Ce concert ne fut, du coup, peut-être pas le meilleur (à mes yeux, bien que volant haut au-dessus de la mêlée, je l’ai trouvé moins bon que ceux des tournées Lilith, Parfum et Bird), mais il est essentiel car il nous jette au visage un message très lourd qui nous dit: ouvrez grands vos yeux et vos oreilles, car vous ne verrez plus jamais ça. Alors on en ressort sonné, on se dit pourvu qu’il se trompe, on regarde le livre 1451 sans oser l’ouvrir, en se disant qu’on devrait peut-être le garder pour plus tard, pour combler l’absence. Absence inacceptable... j’ai acheté deux places pour le Cirque Royal, en vaine tentative de ne pas perdre le fil.
Ben
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Le 2ème concert de JLM à Ans en l’espace d’un an dans ce sympathique centre culturel qui semble taillé sur mesure pour son public (+/- 300 personnes). L’année passée j’ai pu assisté à un très bon concert et le plaisir de découvrir quelques titres de « parfum d’acacia » dont le dvd n’était pas encore disponible en Belgique.
Cette année tout était différent puisque nous avions déjà « Moscou » bien dans les oreilles, dont les superbes morceaux accompagnés des cordes dont l’apport donne toute sa dimension à l’album.
Cette absence allait-elle se faire ressentir durant le concert? Il fallait en tout cas essayer de faire abstraction de l’album et se présenter les oreilles aussi vierges que possible. Pas facile !
Entrée en scène des artistes. JLM est de bonne humeur. Sur l’intro du 1er morceau, il plaisante longuement avec son ami Fred. « Oh my love » chante-t-il avec sa voix chaude et son phrasé traînant accentué à outrance. Un régal! Cette mélodie se termine façon Rock & Roll. Et la machine est lancée.
Tous les titres de « Moscou » et d’autres aussi d’ailleurs sont revisités façon très très Rock & Roll et ponctués, très joliment, d’extraits de 1451, nous rappelant, si besoin l’était encore, la créativité permanente de l’artiste et un sens certain du Business (pas de souci à se faire pour son avenir).
Oufti! (exclamation typiquement liégeoise)...Oufti! Quels musiciens! Et pas seulement.
De très bons instrumentistes aussi. Il est important de le rappeler en cette période de « tripatouillages électroniques ».
Un très bon concert, pour ma part, que je n’aurais pas voulu voir se terminer. Et qui se termine pourtant sur le judicieux « ce qui n’est pas donné est perdu, ce que tu gardes est foutu » et qui me fait penser à l’album » Let it bleed » des Rolling Stones et son dernier titre « You can’t always get what you want ».
Alain
Moscou tour