Date :
8 avril 2006
Ville :
Les Sables d'Olonne (85)
Salle :
Auditorium St Michel
Les avis sur ce concert
Concert solo dans le cadre du Festival des Sables d'Olonne. En première partie, Holden.
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Après une première partie très réussie de Holden, et sitôt le matériel mis en place, le concert a débuté ; visiblement JLM était très pressé de commencer. On sentait bien que le fait d’être seul en scène le mettait mal à l’aise (« J'ai la trouille tout seul ») et qu’il avait besoin de se jeter à l’eau tout de suite.
Petite pique lancée au public qui tardait à reprendre sa place : « alors, on revient de la pêche aux moules ? » ; bien sûr ça détend l’atmosphère et Jean-Louis lui-même.
Concert en solo ; le deuxième. Murat ne souhaitait pas vraiment en faire. Alors ce deuxième, une redite ? pas du tout.
Une setlist sensiblement différente, quelques inédits et un harmonica ajouté à la guitare – une solution idéale et qui remplace avantageusement le groupe. Car Murat n’a besoin de personne. Et son jeu est encore plus intense quand il est seul. Il fallait le voir, même s’il y avait un second micro pour jouer debout : il n'a pas quitté sa petite chaise (à part pour une auto-parodie du Mont Sans-Souci) – ça aurait pu être terriblement ennuyeux et statique... c'était magique ! 1h45 de bonheur, tout en sensibilité, sensualité et générosité.
Des morceaux long, étirés (entre 4 et 12 minutes), susurrés et plein de douceur, ou laissant libre court à la violence de l’instant et ponctués de toutes sortes de bruits (ah les « FUCK » éructés du Jaguar !!!) : on ne peut échanger plus d’émotions diverses que Jean-Louis ne l’a fait dans ce concert.
Un Murat finalement détendu le concert passant, parlant un peu plus que certaine fois, dégommant l’actualité comme à son habitude (le CPE, Ségolène et Cécilio, Giscard), il a également frotté un peu son public en lui disant qu’il n’aimait pas chanter ce que les gens attendent, « refaire » le disque, juste avant d’offrir une très belle version de « Marquis » chanson que nous n’étions pas censés connaître… (!) « Et oui on est des consommateurs ! »
Mais nous trouvant finalement « rudement gentils », il nous a fait le très grand plaisir de nous esquisser deux chansons du prochain album, « Est-ce bien l'amour » et le très poétique « Au-dedans de moi » (« Devant l'univers attendri, courons la campagne, Amie / Tout à la sueur de nos nuits, revoilà les jours bénis ».)
Ensuite que dire ? tout était vraiment bon, je noterai un « Si je devais manquer de toi », chanté doucement, presque tendrement qui montre que la chanson n’a pas vieillie et qu’adaptée à son style actuel, elle reste une vraie perle ; une « Foule Romaine », au tempo très lent, irisée, pleine de sonorités inhabituelles ; un « Jaguar » énorme (12 minutes), totalement décadent… une parodie du « Mont Sans-Souci », une superbe « Fille du Capitaine » etc.
Murat en solo à Romont était extraordinaire, Murat aux Sables d’Olonne l’était vraiment tout autant.
Jérémie
Moscou tour