Date :
28 avril 2005
Ville :
Bruxelles (BEL)
Salle :
Cirque Royal
Les avis sur ce concert
(affiche concert : Josi)
en première partie : Karin Clercq
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Le gros des dolos s’était réuni au premier rang et a failli s’endormir pendant l’affligeante performance de Karin Clercq. Heureusement que le gamine sur le siège d’à côté bougeait tellement qu’elle secouait toute la rangée de fauteuils. Elle ne s’est calmée qu’au milieu du concert de JLM, lorsque je l’ai engueulée en même temps que j’engueulais sa mère dont le portable n’arrêtait pas de sonner intempestivement (échange de SMS).
Signe amical de Fred à l’attention des Dolos à sa montée sur scène. Les trois ont l’air détendus, heureux d’être là , et l’ont confirmé tout au long du concert. Jeu très appliqué, plus précis qu’à Ans-Alleur, mais en même temps plus enlevé, avec un Fred expressif comme jamais, perdant toute placidité et cédant la place à un véritable bass-hero dans les envolées musicales.
JLM blagueur, nous faisant découvrir en primeur sa nouvelle chanson intitulée « L’important c’est la Chine, l’important c’est le Chinois ».
Même set-list que depuis deux ou trois semaines, si ce n’est que « Ce qui n’est pas donné est perdu » a été joué avant le « Papillon » au rappel. Au premier rappel devrais-je dire, car JLM, généreux (le public était demandeur, toute la salle s’étant levée pour l’applaudir), nous a gratifié d’un second rappel: à mon sens, la meilleure interprétation qu’il ait faite (à la Telecaster cette fois-ci) du Jaguar.
Ah oui, Jocelyne nous a dit « à l’année prochaine » quand nous l’avons saluée pendant qu’elle repliait son stand. Parole en l’air ou faut-il en tirer une heureuse conclusion?
Ben, ravi.
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En attendant les Nuits qui se tiendront du 8 au 15 mai, le Botanique nous fait patienter avec les Prénuits, qui offrent, avouons-le, un programme mini mais bien agréable. Jeudi, pour la mise en jambe du Cirque Royal, Karin Clercq et Jean-Louis Murat étaient de la fête. Et il fut beaucoup question d’amour.
Ponctuelle, Karin Clercq, pieds nus, sourire aux lèvres, offrit un joli melting-pot de ses deux albums, allant tantôt puiser dans Femme X pour un touchant Les petites errances ou un suppliant Ne pas, ou tantôt piochant dans son petit dernier, Après l’Amour (Franchise, Dire qu’il faudra mourir demain...).
Jean-Louis Murat prit possession de la scène, une heure plus tard, avec Oh My Love, maniant l’harmonica et la guitare avec talent. Noyé dans une lumière rougeâtre ou bleutée selon l’instant un peu trouble, le chanteur français, mèche dans les cheveux (est-ce L’amour qui passe qui l’a décoiffé?), a offert un concert poétique, où les mots murmurés se fondaient dans les envolées musicales.
Mais l’Auvergnat ne s’est pas contenté de servir ses titres les uns après les autres, sans autres commentaires. Il se lança donc, un peu stone, dans un discours sans queue ni tête qui fit bien rire l’assistance. «L’avenir c’est les Chinois, autant vous dire que vous êtes mal barrés, qui parle le mandarin?» Il sortit de son délire, se reprit: «Bon allez, il faut que je chante les chansons...» Et sourit, en pensant à son dernier album, intitulé Moscou: «L’avenir, c’est la Russie...» Tout en déblatérant, il remarqua une dame qui éternuait dans les premiers rangs. «Madame éternue, c’est un signe d’impatience. C’est sexy l’éternuement. Il faut de l’imagination bien sûr mais...» Et enfin, il susurra Je t’aurais mangée sais-tu, première phrase de Ce que tu désires.
La présentation de ses musiciens fut encore un joyeux moment de n’importe quoi! A son guitariste: «Tout jeunot et sur ses deux petons, c’est Fredo!»... A son batteur: «Elle est jolie ta chemise.»
Entre concentration et nonchalance, Jean-Louis Murat a été tant capable de nous emmener dans sa bulle que de nous dérouter totalement. Un bien joli début de Nuits.
Deborah
Moscou tour