Date :
11 octobre 2003
Ville :
Chanteix (19)
Salle :
La boite à Zinc
Les avis sur ce concert
J' étais prévenu, l'annonce sur le forum Bang Bang l'avait bien précisé, la route était sinueuse sur les derniers kilomètres, tout un programme, mais le repérage n'était pas de trop. Une affiche, haute en couleur, arborant un cerbère nu, indique l'arrivée près de l'antre à l'acoustique soit disant excellente.
Cette Boite a Zinc parait minuscule, en y regardant de plus près une guitare placée là insidieusement dissimule l'autre instrument, l'honneur du village est sauf, tout de même inquiétant, à quelle sauce sera t'on tarabiscoté ?
Lumière off, applaudissement, la bête accompagnée de ses acolytes est bien là et l'enclos est cette fois-ci bien réel. "Miura" annonce la couleur rock du premier round, celui de la conquête de son public , qui semble ici de tous bords, de tous âges, pas vraiment de fans à l' horizon, l' arrière-salle reste et ne restera qu'un léger brouhaha accompagné d'un incessant aller-retour jusqu'à un bar excentré, pénible, attention ça va forcément énervé l'artiste...
Mais la bête est rusée, les préliminaires ne sont pas oubliés. De "La maladie d'amour" au fougueux "Mou du chat", bien rodé, le trio excelle.. Il s'en fallait de peu pour se faire emberlificoter sans qu'on vienne l'interpeller sur a priori une vague histoire d'organisation foirée sur sa dernière prestation.
C'est foutu, il faut tout reprendre à zéro et ce n'est pas "La nature du genre" pourtant languissante à souhait qui remettra sur les rails la formation. C'est sans compter sur les désormais incontournables "Hombre", toujours aussi magnifique quand l'organe est poussé haut et "Jim" encore une fois expérimenté sur de nouvelles pistes, toujours aussi hypnotique et l'arrière salle toujours aussi dissipée. Heureusement, l'arme impitoyable est là , taraudée à bon escient c'est "l'au-delà " qui marque l'apogée, le public fut rallié tout entier à la cause, la bête en rut aurait pu se satisfaire ici sans cet insatiable appétit, oui, il faut lâcher le "cri".
Mi-figue mi-raisin, pas synchrone, certains avaient sans doute déjà trouvé leur compte. Qu'importe ce "cri" fut bel est bien explosif, point de chœur aux formes avantageuses, mais aidé par le sparring-partner la secousse devint sismique.
Apaisé, l' instrument est acoustique, solo, "c'est l'âme que l'on nous arrache" met en exergue encore cet esprit rock, surtout à la fin où la guitare est brandie en avant, les cordes excitées comme pour défier son public.
Retour des acolytes , Fred au piano , "Qui est cette fille" sublime léger aérien pour peu que l'on soit accompagné de sa Justine. Ca pourrait être parfait mais ça commence à être lassant ce chuchotis à l' arrière, heureusement "Emotion" apparaît là au détour d'une intro très expérimentale rappelant que finalement la bête a bien du ressort jouant tout en séduction et pourtant même s'il est temps de "se mettre aux anges", on sent bien que ça se dissipe, une toux infantile stoppe net la progression.
Jean- Louis tout en pianotant ses accords va trouver là son
Echappatoire : "Il faut soigner ces petits, avec cette saison ça va être une rhinopharyngite...déjà c'est pas bon à cette heure là au milieu de la fumée.. c' est fragile le poumon des enfants.... je vais pas pouvoir chanter cette chanson pornographique... bon les enfants c est une chanson pour les grands... le juste milieu c est le nombril, lieutenant c' est rintintin...", il continue, s' autocensurant sur les mots délicats, exit pourtant le mousqueton, plus explicite à la place chaînettes et menottes et Jean-Louis de rajouter avant le dernier couplet critique: "Se mettre aux anges étant faire des bébés, pour les enfants pas de méprise", intermède avant d' élaborer le couplet final devenu "d'ovale de rubis, on meuble nos silences, tarabusté sans fin derrière les...".
Sans crier gare, déjà bien rodé sur le Moujik tour, Jean-Louis sauve la mise grâce au Mont sans-souci, moment d'humour et d'autodérision, voix tantôt infantile ou de vieillard et pour finir voix bourrue "Je vais dormir dans la bruyère avec la fermière au Mont sans-souci", succès garanti.
Il est temps de faire place au "voleur de rhubarbe", stoppé net a Lacompissade, les indigents du fond, trouble-fête de mauvaise augure, ont fait virer rouge la gueule du cerbère. Il lâche sec : "montez sur scène si vous avez un truc à dire". mais c'est à pas de lion, dans cette "Foule romaine" que le trio nous laisse là pantois. C' est l' heure du rappel.
Bon prince, à l'harmonica et piano, c'est en pays certes interdit mais conquis depuis longtemps que la bête nous conduit, "Mustang" en ambiance jazzy, feutrée, chaloupée, l'escalade est certes bien jolie mais l' ombre du loner plane, l'issue ne peut être que fatale, où sont les jours du jaguar ? Et bien non, saturation, "on ne peut rien en dire", orgasmique, on peut pas dire que c'est une bête, mais on ne peut pas dire le contraire non plus, distorsion, c' est l'apoplexie , tout le système est avarié, c'est bel et bien fini.
Pascal (VR)
Lilith Tour